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samedi 3 août 2013

Les Beauharnais en Nouvelle-France

Parmi les armoiries visibles dans les verrières de la gare du Palais à Québec, celles des Beauharnois (ou Beauharnais) rappellent deux membres d'une illustre famille d'Orléans dont les alliances opportunes feront la fortune sous la monarchie et même l'Empire.

Armoiries de François de Beauharnois
vitrail - gare du Palais de Québec
François de Beauharnois de La Boëche (1665-1746) fut de 1692 à 1702 commissaire ordinaire à Toulon, puis à Rochefort, Le Havre et Brest. En 1702, il remplace Jean Bochart de Champigny comme intendant de la Nouvelle-France, avant de devenir en 1706 intendant des armées navales. En janvier 1710, il poursuit sa carrière en devenant intendant des classes, puis trois mois plus tard, il récupère les intendances de Rochefort et de la généralité de La Rochelle. François de Beauharnais s’éteint le 9 octobre 1746 sur sa terre de la Boëche, ancien nom de la seigneurie de La Chaussée (ou la Chaussaye).
Charles de la Boische, marquis de Beauharnois (1671–1749) est le frère cadet de l’intendant. Il est un officier de la Marine royale, où il combattra la flotte anglaise pendant les guerres de la Ligue d'Augsbourg et de la Succession d'Espagne. Il est fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis en 1718. Il en sera fait commandeur et grand-croix en 1732 et 1738. En 1726, il succède à Philippe de Rigaud de Vaudreuil, décède en octobre 1725, comme gouverneur général de la Nouvelle-France. Il est le premier officier de marine à accéder à cette fonction. En 1747, à 76 ans, Beauharnois est rappelé en France. Il sera nommé lieutenant-général des armées navales en janvier 1748. Il meurt le 12 juillet 1749. Il est inhumé dans la paroisse Saint-Sauveur, à Paris.

C'est leur frère, Claude de Beauharnois de Beaumont et de Villechauve, qui perpétuera le nom de Beauharnois. Son fils ainé, François, marquis de la Ferté-Beauharnois, sera gouverneur de la Martinique. Le troisième fils de ce dernier, Alexandre de Beauharnais épousera en 1779 Marie-Josèphe Rose de Tascher de la Pagerie, mieux connue sous le nom de Joséphine de Beauharnais, dont naitra Eugène (1781) et Hortense (1783). Le mariage de leur mère avec Napoléon Bonaparte en 1796 les fera entrer dans l'Histoire.
Les armes de la famille Beauharnais, enregistrées le 23 décembre 1699 au bureau de Brest, se blasonnent ainsi : D’argent, à une fasce de sable, accompagnée de trois merlettes de même, rangées en chef.

Remarquez ici que l’artiste a pris quelques libertés avec les merlettes, la couronne et même avec les insignes de l’ordre de Saint-Louis.

mardi 16 juillet 2013

Un chevalier de Malte à Québec

Croix de Malte - vestige du fort Saint-Louis, Québec
Hôtel Fairmount Château Frontenac
Charles Huault de Montmagny (c1583-c1653) est le premier gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle-France de 1636 à 1648. Il est issu d'une famille qui remonte au roi Henri Il, dont Jacques Huault était conseiller et secrétaire. Les Huault possédaient un domaine étendu. Ils étaient marquis de Vaires et de Bussy-Saint-Martin (Seine-et-Marne), seigneurs de Bernay, Montmagny et Richebourg (Seine-et-Oise). Élève des Jésuites, Charles Huault entre dans l’ordre de Malte le 3 août 1622. Dix en plus tard, son nom figure parmi les directeurs de la Compagnie de la Nouvelle-France.


Vitrail aux armes de Montmagny
Gare du Palais, Québec
Une pierre gravée d'une croix de Malte est l'un des vestiges des transformations du château Saint-Louis en une forteresse de pierre et de brique qu'ordonna le gouverneur de Montmagny dès son premier mandat. Cette pierre est visible au-dessus d'une des arches du « guichet » de l'hôtel Fairmount Château Frontenac. Le texte qui l'accompagne est à l'origine d'un légendaire prieuré de l'Ordre de Malte en Nouvelle-France.
 
Nous pouvons voir les armoiries de Charles Huault de Montmagny dans la verrière de la gare du Palais. Elles se blasonnent : D'or, à la fasce d'azur chargée de trois molettes d'éperon d'or et accompagnée de trois coquerelles de gueules. Décoration : la croix de Malte pendue à un ruban noir.

samedi 13 juillet 2013

Un célèbre intendant de la Nouvelle-France

Le plus célèbre des intendants de la Nouvelle-France est certainement Jean Talon (1626-1694). Talon reçoit sa commission d’intendant de la Nouvelle-France le 23 mars 1665. Il arrive à Québec le 12 septembre 1665 à bord du Saint-Sébastien, avec le gouverneur général Daniel de Remy de Courcelle et un détachement du régiment de Carignan-Sallières. Jean Talon sera intendant de la Nouvelle-France de 1665 à 1668 et de 1670 à 1672. Sous administration, la colonie prospéra et il encourage son autosuffisance. Il fut le premier à encourager la culture du houblon et de l'orge et créa ainsi la première brasserie commerciale de la Nouvelle-France, même si son entreprise ne fut pas un succès. Nous lui devons l'arrivée des premières « Filles du Roi » qui permit de tripler la population en seulement quinze ans.
Armoiries de Jean Talon
Vitrail - gare du Palais - Québec

En 1671, Colbert annonce à Talon que les terres qu'il a acquises entre 1667 et 1670, 1667 sont érigées en baronnie des Islets. Son domaine devient le comté d'Orsainville en 1675. Ses héritiers le vendront à Mgr de Saint-Vallier, qui en fait don à l'Hôpital général.

Les armoiries de l'intendant Talon sont visibles dans la verrière de la façade de la gare du Palais de Québec. Le nom de cette gare ferroviaire, construite en 1915, rappelle la présence dans cette partie de la ville du palais des intendants de Nouvelle-France. Où, le Conseil supérieur et la chambre de la Prévôté de Québec agissaient alors comme tribunaux civils, criminels et de premières instances. Le quartier retrouva ces fonctions judiciaires avec la construction du palais de Justice dans les années 1970.

Le vitrail armorié illustrant les armoiries de Jean Talon se blasonne : D'azur, au chevron accompagné de trois épis soutenus chacun d'un croissant le tout d'or.

vendredi 28 juin 2013

Du vicariat apostolique de la Nouvelle-France au diocèse de Québec


Armoiries du pape Alexandre VII - vitrail
Chapelle extérieure du Séminaire de Québec
L'histoire des débuts de l'Église catholique en Nouvelle-France s'illustre non seulement sur les murs du Parlement de Québec, mais aussi dans les vitraux de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec.


C'est sous le pontificat du pape Alexandre VII que sera créé le Vicariat apostolique de la Nouvelle France, le 11 avril 1658. Il serait trop long de raconter ici les événements et les échanges entre le Quirinal et le Louvre relativement à la venue d'un évêque en Nouvelle-France. Les lecteurs de ce carnet découvriront dans le livre de l'historien Lucien Campeau « L'évêché de Québec (1674) : Aux origines du premier diocèse érigé en Amérique française » les détails de l'histoire de la création du vicariat apostolique jusqu'à son érection en diocèse par Innocent XI, le 1er octobre 1674. http://www.ourroots.ca/e/toc.aspx?id=8715.

Le pape Alexandre VII, Fabio Chigi (1599-1667), fut élu le 16 avril 1655. La famille Chigi était l'une des plus illustres et influentes familles d'Italie. Son père, Flavio Chigi, était un neveu du pape Paul V. Alexandre VII entérina la condamnation du jansénisme prononcée par Innocent X et mit les Provinciales de Pascal à l’Index. Il chercha à contenir l'expansion du protestantisme en Italie et en Angleterre.

Les armoiries du pape Alexandre VII sur un vitrail de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec se blasonnent : écartelé aux 1 et 4, d'azur au chêne d'or aux rameaux passés en sautoir (Rovere), aux 2 et 3, de gueules à une montagne de six coupeaux d'argent accompagné en chef d'une étoile d'or (Chigi). Les puristes auront remarqué une erreur dans les armes des Chigi : les six coupeaux devraient être d'or et non d'argent.


La présence des armes des della Rovere s'explique par le privilège que le pape Jules II (1443-1513), accorda aux Chigi de porter ses armes et son mon : aussi on les appelle Chigi della Rovere. 

Armoiries attribuées à Mgr de Laval
Chapelle extérieure du Séminaire de Québec
La chapelle referme un autre cas d'armoiries erronées ou du moins non conformes à celles attribuées à l'évêque in partibus de Pétrée. Elle se trouve au pied du gisant de Mgr de Laval. Jugez-en par vous-même.

mardi 25 juin 2013

Les Récollets, Jésuites et Sulpiciens sur la façade du Parlement de Québec

L'histoire des débuts de l'Église catholique en Nouvelle-France s'illustre non seulement sur les murs du Parlement de Québec, mais aussi dans les vitraux de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec.

armoiries des Jésuites et des Récollets
Assemblée nationale du Québec
Les armoiries de trois ordres religieux masculins ornent la façade de l'Assemblée nationale du Québec.

Les armoiries et les devises des Jésuites et des Récollets sont placées dans l'entablement d'une fenêtre de la tour Jacques-Cartier entre les niches des statues du jésuite Jean de Brébeuf et du récollet Nicolas Viel.

Les Récollets (en latin, ordo fratrum minorum recollectorum) sont issus d’une réforme de l’ordre franciscain accomplie en Espagne au XVe siècle, qui furent introduits en France en 1585. Rappelons que François d’Assise créa en 1209 une communauté fondée sur la pauvreté totale et la prédication, dont les règles furent approuvées par le pape Innocent III en 1215. Les récollets de France fournirent des aumôniers militaires et dès 1615, beaucoup de missionnaires en Nouvelle-France.

Les armoiries des Récollets sur la façade du Parlement se blasonnent : de gueules, à la croix de calvaire d’or rayonnant du même entre deux bras de carnation mouvants des angles de l’écu d’une nuée d’argent, les stigmates de sable, passés en sautoir; l’un vêtu, passé derrière la croix, l’autre nu, brochant sur le pied de la croix : le tout soutenu de trois clous de la passion d’argent. Devise : « Absit mihi gloriari nisi in cruce » Gal. 6, 14" (Pour moi, non, jamais d'autre titre de gloire que la croix).

La Compagnie ou Société de Jésus fut fondée par Ignace de Loyola, en 1534. Le pape Paul III en approuva les règles en 1540 et par la bulle Regimini Militantis Ecclesiae il chargea les Jésuites de la prédication de la foi aux païens et de la lutte contre l’hérésie issue de la Réforme. Les premiers jésuites arrivèrent en Nouvelle-France en 1625. Tout comme les Récollets, les Jésuites furent interdits après la Conquête britannique.

Les armoiries des Jésuites sur la façade du Parlement se blasonnent : d’azur au nom de Jésus (IHS) d’or sur une gloire rayonnante d’or, soutenu en pointe de trois clous de la passion appointés d’argent et d’or. Devise : « Ad maiorem Dei gloriam » (Pour une plus grande gloire de Dieu).

Armoiries des Sulpiciens
Assemblée nationale du Québec
La Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice est un ordre de prêtres diocésain fondée à Paris en 1641 par Jean-Jacques Olier de Verneuil. Avec Jérôme le Royer de la Dauversière, il est l'un des fondateurs de la Société Notre-Dame de Montréal. Elle sera à l'origine de la fondation de Ville-Marie (Montréal) en 1642. Les premiers sulpiciens arrivent à Ville-Marie en 1657, pour y fonder le Séminaire de Ville-Marie et la cure de Notre-Dame. En 1663, ils deviennent jusqu'à la Conquête seigneur de l'île de Montréal. À partir de 1840, les Sulpiciens dirigèrent le Grand Séminaire de Montréal. Les cardinaux Paul-Émile Léger (1904-1991) et Marc Ouellet (Préfet de la Congrégation pour les évêques depuis 2010) en sont d'éminents membres.

Les armoiries des Sulpiciens sur la façade du Parlement se blasonnent : d’azur aux lettres d’or J, M, A et J superposées (pour former le monogramme de Jésus, Maria, Joseph). Cimier : une couronne. Support : deux léopards.

vendredi 14 juin 2013

De Laval à Pontbriand, les armoiries des évêques de la Nouvelle-France

L'histoire des débuts de l'Église catholique en Nouvelle-France s'illustre non seulement sur les murs du Parlement de Québec, mais aussi dans les vitraux de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec.

Nous avons recensé les armoiries de trois évêques de Québec et de trois ordres religieux sur les murs de la façade et sur les boiseries de l'Assemblée nationale du Québec.

Armoiries de Mgr de Laval
Assemblée nationale du Québec
Les armoiries du premier évêque de Québec figurent sur la façade du Parlement au-dessus de sa statue. Elles se blasonnent : d’or à la croix de gueules, chargée de cinq coquilles d’argent, cantonnée de seize alérions d’azur. François-Xavier de Montmorency-Laval est né à Montigny-sur-Avre (Eure-et-Loir), dans le diocèse de Chartres (France), le 30 avril 1623. Il est le fils de Hugues de Laval, seigneur de Montigny, Montbaudry, Alaincourt et Revercourt, et de Michelle de Péricard. Le 8 décembre 1658, il est consacré comme évêque in partibus de Pétrée, dans l'abbatiale de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Il sera vicaire apostolique en Nouvelle-France (1658–1674), puis le premier évêque de Québec (1674–1688). Il meurt à Québec le 6 mai 1708, inhumé le 9 dans la cathédrale de cette ville.


Armoiries de Mgr de Saint-Vallier
Assemblée nationale du Québec
Les armoiries du second évêque de Québec figurent sur les boiseries de l'escalier d'honneur du Parlement. Ils se blasonnent : d'azur, à la tête de cheval d'or animé de gueules; au chef cousu de gueules, chargé de trois croisettes d'argent.
Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier est né à Grenoble le 14 novembre 1653. Il est le fils de Jean de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier et de Marie de Sayve. Il est issu d'une famille d'avocats, de diplomates et grands propriétaires à Grenoble. Il commence sa vie en Nouvelle-France en 1685 comme vicaire général et, à ce titre, il fait la visite du diocèse jusqu’en Acadie. Il est consacré évêque le 25 janvier 1688, par Mgr Jacques Nicolas Colbert. Son épiscopat du 31 juillet 1688 sera marqué par des années de crise, de brouille avec le gouverneur, l'armée, le chapitre de Notre-Dame de Québec, les Récollets. Il meurt à l'Hôpital général de Québec le 26 décembre 1727. Même ses funérailles seront marquées par un conflit entre le chapitre, son doyen et l'intendant.

Armoiries de Mgr de Pontbriand
Assemblée nationale du Québec
Les armoiries du dernier évêque de Québec sous le Régime français figurent elles aussi sur les boiseries de l'escalier d'honneur. Elles s'y blasonnent : d'azur au pont de trois arches d'argent. Henri-Marie Dubreil de Pontbriand, sixième évêque de Québec, né à Vannes, France, vraisemblablement en janvier 1708, fils de Joseph-Yves Dubreil, comte de Pontbriand, capitaine des gardes-côtes de l’évêché de Saint-Malo, et d’Angélique-Sylvie Marot de La Garaye, décédé à Montréal le 8 juin 1760.
 
Selon, E.-Z. Massicotte dans L'Armorial du Canada français, les armes complètes se blasonnent : écartelé : aux 1 et 4 d'azur, au lion d'argent armé, lampassé et couronné de gueules (Dubreil); aux 2 et 3, d'azur au pont de trois arches d'argent, maçonné de sable (de Pontbriand).

 

 

mardi 26 février 2013

Les armoiries du comte de Frontenac

Armoiries - comte de Frontenac
Assemblée nationale du Québec
Statue de Frontenac - Louis-Philippe Hébert
Assemblée nationale du Québec
Parmi les armoiries ornant la façade du Parlement de Québec, celles de Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau surmontent la statue de l'une des figures les plus turbulentes et des plus connues de l'histoire de la Nouvelle-France et même du Canada. Ne serait-ce qu'en raison de « son célèbre château » bien connu des touristes de Québec.

Le comte de Frontenac est né au château de Saint-Germain-en-Laye en France le 12 mai 1622, son grand-père et son père, Antoine de Buade de Frontenac et Henri de Buade de Frontenac, étant gouverneurs du vieux château de Saint-Germain-en-Laye et très proches de la famille royale. Louis de Buade est baptisé dans la chapelle le 30 juillet 1623, le roi Louis XIII, roi de France, devenant son prestigieux parrain, sa marraine étant Catherine Henriette de Bourbon (1596-1663), épouse du duc d'Elbeuf. Frontenac épouse, le 28 octobre 1648, en l'église Saint-Pierre-aux-Bœufs à Paris, Anne de la Grange-Trianon, une riche héritière et célèbre pour sa beauté physique et dont le portrait se trouve à Versailles. Le père d'Anne s'oppose violemment à ce mariage et quand il apprend que les noces ont quand même eu lieu, il déshérite sa fille. Le 7 mai 1651, à Clion-sur-Indre (Indre), Anne donne naissance à François-Louis, le seul enfant du couple Frontenac.

Médaille Kebeca liberata
Il sera gouverneur général de la Nouvelle-France de 1672 à 1682 et de 1689 à 1698. Au court de ses deux mandats, il développe la colonie et la défend contre les attaques anglaises, notamment lors du siège de Québec en 1690. C'est à cette occasion que Frontenac répondra à l'émissaire de l'amiral Phips par son célèbre : « Je n'ai point de réponse à lui faire que par la bouche de mes canons et à coups de fusils ». Cette victoire sera commémorée en 1695 par la médaille Kebeca liberata. 

Cartouche aux armes de Frontenac
Hôtel Fairemount Château Frontenac

Le comte de Frontenac meurt à Québec le 28 novembre 1698. Je vous invite à lire l'article du Dictionnaire biographique du Canada pour en savoir beaucoup plus sur le comte de Frontenac. http://www.biographi.ca/fr/bio/buade_louis_de_1F.html

Les armes de Frontenac se blasonnent : d’azur à trois pattes de griffon d’or.
 
Outre la façade du Parlement, elles ornent les murs de l'hôtel Château Frontenac, érigé en 1893, sur le site du château Saint-Louis où le comte de Frontenac séjourna durant ses deux mandats de gouverneur de la Nouvelle-France.

mardi 12 février 2013

Les armoiries de George III à l'Assemblée nationale du Québec.

Armoiries George III
Assemblée nationale du Québec
Les boiseries du Parlement de Québec participent à la volonté de son architecte de souligner les personnages et les faits marquants de notre histoire. C’est ainsi que de part et d’autre de l’arche ouvrant le hall des salles de l’Assemblée nationale et de l’ancien conseil législatif (abolie en 1968), nous trouvons les armoiries du roi George III et de William Pitt. Alors que le hall du rez-de-chaussée est consacré à la période française de notre histoire, Eugène-Étienne Taché inaugure la période britannique par les noms et les armoiries du souverain et du premier ministre en fonction lors de la conquête de 1760 et du traité qui confirmera la session de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne.

Le traité de Paris fut signé le 10 février 1763, après trois ans de négociations, par la France, la Grande-Bretagne et l'Espagne et met fin à la guerre de Sept Ans. Aux termes du traité, la Grande-Bretagne obtient de la France l'île Royale (île du Cap-Breton) et le Canada, y compris le bassin des Grands Lacs et la rive gauche du Mississippi. L'Espagne lui cède la Floride. La France conserve des droits de pêche à Terre-Neuve et dans le golfe du Saint-Laurent. Elle acquiert Saint-Pierre-et-Miquelon comme port de pêche non fortifié et recouvre ses lucratives possessions dans les Antilles, ses comptoirs en Inde et son poste de traite des esclaves sur l'île de Gorée (dans le Sénégal actuel). Conformément à la capitulation conditionnelle de 1760, la Grande-Bretagne garantit une liberté de religion limitée aux Canadiens. Le traité prévoit les modalités d'échange de prisonniers. Il accorde aux Canadiens un délai de 18 mois pour émigrer s'ils le désirent. Il assure également la conservation des archives gouvernementales. Au final, si la Grande-Bretagne acquiert un grand empire, la France conserve ses comptoirs et les colonies qui lui permettront de reconstituer sa flotte et douze ans plus-tard de soutenir l'indépendance des futures États Unis.

Nous retrouvons sur les boiseries de l’Assemblée nationale du Québec, sous le nom George III, les armoiries suivantes : écartelé, en 1 et 4 d'or au lion de gueules, au double trescheur fleuronné et contre-fleuronné du même, en 2 de gueules, aux trois léopards d'or et en 3 d'azur, à la harpe d'or, cordée d'argent; sur le tout tiercé en pairle renversé, 1, de gueules, à deux léopards d'or; 2, d'or, semé de cœurs de gueules, au lion d'azur, armé et lampassé du deuxième, brochant sur le tout; 3, de gueules, au cheval cabré d'argent, harnaché d'or et surmonté de la couronne royale de Hanovre; sur le tout de gueules à la couronne de Charlemagne d'or (qui est la dignité d'Archi trésorier du Saint-Empire).

Armoiries de George III
1760-1801
Il est à noter qu’au moment de la signature du traité de Paris, les armes des rois d'Angleterre étaient les suivantes : écartelé, en I parti : en 1 de gueules aux trois léopards d'or et en 2 d'or, au lion de gueules, au double trescheur fleuronné et contre-fleuronné du même; en II d'azur aux trois fleurs de lys d'or; en III d'azur, à la harpe d'or, cordée d'argent et IV tiercé en pairle renversé, 1, de gueules, à deux léopards d'or; 2, d'or, semé de cœurs de gueules, au lion d'azur, armé et lampassé du deuxième, brochant sur le tout; 3, de gueules, au cheval cabré d'argent, harnaché d'or; sur le tout de gueules à la couronne de Charlemagne d'or.

En fait, les armoiries de George III ont évolué au cours des cinquante-neuf années de son règne en fonction des titres et des prétentions du souverain. Ainsi, jusqu'en 1801, les prétentions au trône de France expliquent la présence des fleurs de lys. Puis, les héraldistes distinguèrent le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande de l'électorat, puis du royaume du Hanovre, en les superposant. C'est cette dernière version que Taché fait graver les armoiries dans la boiserie du Parlement québécois.

George III (4 juin 1738 — 29 janvier 1820) est le troisième souverain de la Maison de Hanovre à régner sur la Grande-Bretagne. Il fut roi de la Grande-Bretagne et roi d'Irlande (1760–1801), puis roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande (1801–1820). Il fut également électeur de Hanovre (1760–1814), puis roi de Hanovre (1814–1820). Sous son règne, la Grande-Bretagne conquière la Nouvelle-France, perd ses anciennes colonies en Amérique du Nord à la suite de la guerre d'Indépendance des États-Unis, et l'Irlande est unie au Royaume-Uni (1er janvier 1801).
Armoiries William Pitt
Assemblée nationale du Québec

À la fin de l'année 1810, à l'apogée de sa popularité, George III devint gravement malade, presque aveugle du fait de la cataracte et souffrait de rhumatismes. En 1811, George III accepta la loi de Régence et le prince de Galles resta prince-régent jusqu'au décès de son père. Malgré des signes de convalescence en mai 1811, le roi avait sombré dans une aliénation complète et permanente et il vécut isolé dans le château de Windsor jusqu'à sa mort, le 29 janvier 1820 au château de Windsor.

Sur le panneau faisant face à celui du roi George III, nous trouvons le nom de William Pitt associé avec les armoiries suivantes : de sable à la fasce échiquetée d'argent et d'azur de trois tires accompagné de trois besants d'or. Ici, le contexte nous permet d’affirmer que Taché a voulu souligner William Pitt l'Ancien (15 novembre 1708 – 11 mai 1778), 1er comte de Chatham, qui s'est rendu célèbre en tant que ministre de la Guerre de Grande-Bretagne pendant la guerre de Sept Ans. Et à ce titre l’un des principaux artisans de la conquête de la Nouvelle-France. Il mène ensuite la politique du pays au poste de Lord du Sceau Privé de 1766 à 1768. Il est ainsi surnommé pour le distinguer de son fils, William Pitt le Jeune, qui fut Premier ministre de 1783 à 1801 et de 1804 à sa mort en 1806.

dimanche 30 décembre 2012

Du duc à la duchesse d'Aiguillon.

D'Aiguillon dans l'histoire de la Nouvelle-France

Les boiseries à l'intérieur de l'hôtel du Parlement de Québec sont ornées des armoiries de personnages de l'histoire de la Nouvelle-France jusqu'aux premières années du parlementarisme sur les rives du Saint-Laurent. Eugène-Étienne Taché attribue des armoiries à la plupart d'entre eux.

Armoiries du 1er duc d'Aiguillon
Assemblée nationale du Québec
Ainsi, nous retrouvons sous le nom D'Aiguillon, les armoiries qui se blasonnent : écartelé, en 1 et 4 : coupé et parti en 3, au premier fascé de gueules et d'argent, au second d'azur semé de lys d'or et au lambel de gueules, au troisième d'argent à la croix potencée d'or, cantonnée de quatre croisettes du même, au quatrième d'or aux quatre pals de gueules au cinquième parti d'azur semé de lys d'or et à la bordure de gueules, au sixième d'azur au lion contourné d'or, armé, lampassé et couronné de gueules, au septième d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules, au huitième d'azur semé de croisettes d'or et aux deux bars d'or. Sur le tout d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent le tout brisé d'un lambel de gueules; en 2 et 3 contre-écartelé en 1 et 4 d'azur, à trois fleurs de lys d'or, à la bordure endentée de gueules et d'or et en 2 et 3 d'azur, à l'aigle d'argent, becquée, languée et couronnée d'or.

Or, la présence du nom d'Aiguillon au Parlement ne se justifie qu'en raison de l'important rôle qu'a joué Marie-Madeleine de Vignerot, dame de Combalet, duchesse d’Aiguillon (1604 - 1675) dans la fondation de l'Hôtel-Dieu de Québec. Fille de René de Vignerot et de Françoise Duplessis (sœur du cardinal de Richelieu), elle fut mariée à Antoine Pont du Roure, marquis de Combalet et neveu du duc de Luynes, pour qui elle conçut une telle aversion que quand il fut tué lors des dernières guerres de religion, de peur que, par quelques raisons d’État, on ne la sacrifiât encore, elle fit vœu de ne jamais se marier et de se faire carmélite. Après avoir échoué dans plusieurs projets de mariage avec les premières maisons de France, le cardinal-ministre acheta le duché d’Aiguillon pour sa nièce en 1638. Elle fut dame d’atour de Marie de Médicis. Après la mort du cardinal, elle hérita d’une partie de ses biens, et employa presque toute sa fortune à soulager les pauvres et à fonder des établissements de charité, dont l'Hôtel-Dieu de Québec.

Armoiries duchesse d'Aiguillon
Vitrail - Hôtel-Dieu de Québec
Les Augustines de la Miséricorde ont bien souligné le rôle de la duchesse D'Aiguillon en ornant l'une des fenêtres du pavillon d'Aiguillon d'un vitrail aux armes de la duchesse. Elles se blasonnent : écartelé en 1 et 4 d'or à trois hures de sanglier de sable; et en 2 et 3, d'argent aux trois chevrons de gueules. L'écu, entourer de l'Ordre des Dames chevalières de la Cordelière, est posé sur un manteau armorié doublé d'hermine et timbré d'une couronne ducale. C'est armoiries ce retrouvent aussi sur la façade de l'entrée du monastère des Augustines.

Nous voilà avec des armoiries qui n’ont rien en commun. Pour trouver qui de Taché ou des Augustines de l'Hôtel-Dieu a raison, nous devons chercher dans l'histoire du duché d'Aiguillon. Elle commence en 1599, lorsque le roi Henri IV érigea les baronnies d'Aiguillon, Montpezat, Sainte-Livrade et Dolmayrac en duché-pairie en faveur d'Henri de Lorraine, fils aîné de Charles de Lorraine, duc de Mayenne, pair de France, et de ses successeurs et ayants cause. En 1632, au décès du troisième duc, sans descendance directe, le duché-pairie est réintégré à la couronne de France.



Armoiries d'Antoine de l'Age.
De Valles, Recueil des armoiries
des pairs de France.
Paris, 1634
Le duché est recréé en 1634, au bénéfice de Antoine de l'Age qui le perdra à la suite de sa disgrâce, en 1635. Le cardinal de Richelieu attribue le duché-pairie d'Aiguillon à sa nièce Marie Madeleine de Vignerot, en 1638. Le duché d'Aiguillon est, à l'origine, l'un des rares titres français transmissibles exceptionnellement par primogéniture sans exclusion des filles. Le titre s'éteint en 1704, au décès de la seconde duchesse. Son neveu, Louis de Vignerot du Plessis (1654-1730), marquis de Richelieu, comte d'Agenois et baron de Québriac, ne portant pas le titre. Il sera rétabli le 10 mai 1731 au profit de son fils, Armand Louis de Vignerot du Plessis (1683-1750), duc d'Aiguillon et comte d'Agenois, pair de France.

En 1800, le quatrième duc d'Aiguillon étant décédé sans postérité, le titre ne se transmettant plus par les femmes, il passe à son cousin le plus proche Armand Emmanuel du Plessis de Richelieu, duc de Richelieu et Maréchal de France, Président du Conseil des ministres sous Louis XVIII. En effet, le maréchal-duc de Richelieu (1766-1822) était le descendant direct d'Armand-Jean de Vignerot du Plessis de Richelieu (1629-1715), neveu du cardinal et frère de Jean-Baptiste Amador (1632-1662) et de la seconde duchesse Marie-Madeleine Thérèse de Vignerot du Plessis (1636-1704).

Voir la liste des ducs d'Aiguillon pour plus de détail : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_ducs_d'Aiguillon

Le premier duc d'Aiguillon, Henri de Lorraine est né le 20 décembre 1578 à Dijon. Il est le fils aîné de Charles de Mayenne, duc de Mayenne et d'Henriette de Savoie-Villars, fille du maréchal de Villars. Il est ainsi membre de la Maison de Lorraine-Vaudémont, précisément de la branche cadette de la Maison de Guise et du rameau de Mayenne. Il épousa, à Soissons, en février 1599, Henriette de Nevers (1571 - 1601), fille de Louis IV, duc de Nevers et de Rethel, et d'Henriette de Clèves, mais ils n'eurent pas d'enfants. Il est décédé le 20 septembre 1621 à Montauban.


Armoiries de Charles de Lorraine.
De Valles, Recueil des chevaliers de
l'ordre du Saint Esprit
. Paris 1631
Charles de Lorraine portait les armes suivantes : écartelé, en 1 et 4 : coupé et parti en 3, au premier fascé de gueules et d'argent, au second d'azur semé de lys d'or et au lambel de gueules, au troisième d'argent à la croix potencée d'or, cantonnée de quatre croisettes du même, au quatrième d'or aux quatre pals de gueules au cinquième parti d'azur semé de lys d'or et à la bordure de gueules, au sixième d'azur au lion contourné d'or, armé, lampassé et couronné de gueules, au septième d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules, au huitième d'azur semé de croisettes d'or et aux deux bars d'or. Sur le tout d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent le tout brisé d'un lambel de gueules (de Guise); en 2 et 3 contre-écartelé en 1 et 4 d'azur, à trois fleurs de lys d'or, à la bordure endentée de gueules et d'or (Ferrare) et en 2 et 3 d'azur, à l'aigle d'argent, becquée, languée et couronnée d'or (Este). Ce sont les armoiries qui figure sur le panneau à l'hôtel du Parlement de Québec.

Pour sa part, la seconde duchesse d'Aiguillon, Marie-Madeleine Thérèse de Vignerot du Plessis (1636-1704), portait les armes suivantes : écartelé en 1 et 4 d'or à trois hures de sanglier de sable; et en 2 et 3, d'argent aux trois chevrons de gueules, comme en fait foi la reliure de maroquin brun foncé, au pointillé, aux armes de Marie-Madeleine-Thérèse de Vignerot, duchesse d'Aiguillon, dans un médaillon brun clair conservé aux Archives nationales de France.

À défaut de document original prouvant qu'elles sont les armoiries qu'utilisait Marie Madeleine de Vignerot, il est plus probable que, comme l'affirme François-Alexandre Aubert de La Chenaye-Desbois dans son Dictionnaire de la Noblesse publié en 1876 (vol. 19, p. 737), la première duchesse d'Aiguillon utilisait les armes des Vignerot : d'or à trois hures de sanglier de sable. Toujours est-il que nous pouvons admirer les armes du père du premier duc d'Aiguillon au Parlement de Québec et celles des Vignerot du Plessis-Richelieu, la seconde maison d'Aiguillon à l'Hôtel-Dieu de Québec. 

mardi 18 décembre 2012

Les armoiries de la ville de Québec

Armoiries officieuses de la ville de Québec
Hôtel du Parlement de Québec
Sur la façade du parlement de Québec, les avant-corps encadrant la tour centrale sont dédiés à Samuel de Champlain, fondateur de Québec, et Paul Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Montréal. Voici l'histoire des armoiries surmontant la statue de Champlain.
Archives de la ville de Québec
Sceau de la ville de Québec 1833-1949

Jusqu'en 1949, la ville de Québec n'a pas d'armoiries proprement dites. En fait, le premier conseil municipal adopta en 1833 un sceau de la composition du sculpteur Joseph Légaré. Ce sceau s'inscrit plus dans la tradition héraldique américaine.

Armoiries officieuses de la ville de Québec - vitrail
Bibliothèque - Assemblée nationale du Québec
Il sera utilisé jusqu’à l’adoption des armoiries dessinées par l’héraldiste Maurice Brodeur. Toutefois, Taché et d’autres héraldistes choisissent un détail du sceau, le bouclier sur lequel s’appuie Strénua, la déesse romaine de l'activité et du travail, comme armoiries représentatives de la capitale. Ainsi, sur la façade du parlement, les armoiries au-dessus de la statue de Champlain se blasonnent : de gueules, au léopard couronné d’or tenant dans sa dextre une clef du même. Comme pour les armoiries de Montréal, deux anges supportent l'écu timbré d'une couronne royale. 


Nous retrouvons ces armoiries officieuses de Québec dans le vitrail de la bibliothèque de l’Assemblée nationale. Elles se blasonnent : de gueules au léopard couronné et tenant dans sa dextre une clef d'or à la bordure cloutée d'or. L'écu est timbré d'une couronne murale. Cette interprétation du sceau de la ville de Québec est visible sur le manège militaire de la Grande Allée, l'ancien édifice des postes et la gare du Palais sur la rue de la Gare et même incrustée dans le pavement en terrazzo du vestibule du Palais Montcalm.

Armoiries Vile de Québec 1949
Vitrail Gare du Palais

En 1945, le maire Lucien Borne invite l'héraldiste Maurice Brodeur à créer de nouvelles armoiries plus conformes à l'art héraldique. Elles illustrent la fondation de Québec avec la caravelle de Champlain et surtout par la nouvelle devise : « Don de Dieu feray valoir », qui rappelle le nom navire sur lequel Champlain traversa à mainte reprise l'Atlantique entre la France et la Nouvelle-France. Ces armoiries furent adoptées par le conseil municipal en 1949.


Armoiries de la ville de Québec
Salle du conseil municipale
Le 20 septembre 1988, la ville de Québec devient la première institution canadienne à recevoir des armoiries concédées par l'Autorité héraldique du Canada. Reprenant celles de Brodeur, elles se blasonnent : d'azur à la champagne burelée-ondée d'argent et d'azur sommée d'un navire ancien voguant à pleines voiles d'or, au chef de gueules bordé d'or et chargé de deux clés d'or passées en sautoir, à la feuille d'érable de sinople brochante sur les clés, l'écu timbré d'une couronne murale maçonnée de sable et ajourée de gueules, et pour devise DON DE DIEU FERAY VALOIR.

mardi 11 décembre 2012

Les armoiries du dernier gouverneur général de la Nouvelle-France

Armoiries des Rigaud de Vaudreuil
Assemblée nationale du Québec

La famille du dernier gouverneur général de la Nouvelle-France

Parmi les armoiries sur la façade de l'Assemblée nationale du Québec nous remarquons celle des Rigaud de Vaudreuil. Les armoiries du dernier gouverneur de Nouvelle-France permettent de souligner la contribution de cette famille à notre histoire.
Les Rigaud appartenaient à la vieille noblesse de province du Languedoc. Le fief de Vaudreuille, d’où ils tenaient leur titre, était situé dans la sénéchaussée de Lauragais, près de Toulouse. Ils en étaient devenus propriétaires par mariage au XIIe siècle. Vers la fin du moyen âge, il semble qu’ils aient connu à la fois la richesse et le prestige, mais, au fur et à mesure qu’ils perdaient l’un ou l’autre de leurs nombreux domaines, ils rentraient dans l’obscurité de la noblesse provinciale. Jean-Louis de Rigaud, le grand-père du dernier gouverneur de la Nouvelle-France, avait le grade de cornette dans l’armée française, et commandait également l’arrière-ban de sa sénéchaussée. On ignore tout de son épouse, Marie de Chateauverdun, sinon qu’elle aussi appartenait à la noblesse. Le couple eut cinq filles et cinq garçons. Deux des cinq frères, Antoine et François-Aimé, entrèrent dans les ordres. Les trois autres, le premier-né, Arnaud, Philippe l’aîné, et Philippe choisirent la carrière des armes. Arnaud devint capitaine d’une des compagnies de chevau-légers du roi en 1668. Philippe l’aîné commença par être mousquetaire, et finalement obtint le grade de capitaine des gardes françaises. Philippe fut, lui aussi, mousquetaire à partir de 1672, et le demeura pendant 15 ans. Avant de migrer en Nouvelle-France en 1687 comme commandant des troupes au Canada.
Philippe de Rigaud de Vaudreuil, marquis de Vaudreuil est né vers 1643 près de Revel, sans doute au château familial. Il fut le gouverneur de Montréal de 1689 à 1703, puis le gouverneur général de la Nouvelle-France de 1703 à 1725. Il reçoit en 1698 la croix de Saint-Louis. En 1712, il est promu commandeur et en 1721, il est fait grand-croix de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis. Il meurt à Québec le 10 octobre 1725. Le 21 novembre 1690, il épouse Louise Élisabeth de Joybert de Soulanges, fille de Pierre de Joybert de Soulanges et de Marie-Françoise Chartier de Lotbinière, l'une des familles les plus puissantes de la colonie. Des douze enfants nées de cette union, soulignons :
1. - Louis-Philippe, marquis de Vaudreuil, est né à Québec le 26 septembre 1691. Il fut lieutenant-général des armées navales françaises. Il fut fait grand-croix de Saint-Louis en 1756. Il meurt à Tours le 27 novembre 1763.
2. - Philippe Antoine, baron de Vaudreuil, né à Québec le 30 mars 1693. Il était colonel dans l'armée lorsqu'il fut tué au siège de Prague le 5 septembre 1742, et fut inhumé aux Augustins de la ville de Prague.
3. - Jean de Rigaud, vicomte de Vaudreuil, né à Québec le 23 janvier 1695, rejoint le rang des mousquetaires en 1710. Il devient lieutenant-général des armées du roi en 1748 et fut fait grand-croix de Saint-Louis en 1755. Il meurt à Paris le 10 octobre 1780 et est inhumé dans l'église Saint-Sulpice.
4. - Pierre de Rigaud, marquis de Vaudreuil-Cavagnial, est né à Québec le 22 novembre 1698. En 1730, il reçoit la croix de Saint-Louis. Il devient gouverneur de Trois-Rivières de 1733 à 1742. Il est nommé ensuite gouverneur de la Louisiane de 1742 à 1755. Il est le dernier gouverneur de la Nouvelle-France, de 1755 jusqu'à la reddition de Montréal en 1760. Acquitté des accusations qui pesaient contre lui dans l'Affaire du Canada, en réparation des préjudices subis, le roi Louis XV le fait grand-croix de l'Ordre de Saint-Louis et lui offre une compensation sous la forme d'un supplément de rentes de 6000 livres. Il décède à Paris le 4 aout 1778.
Armes des Rigaud de Vaudreuil
- illustration Louise Martel

8. - François-Pierre de Rigaud, connu dans notre histoire sous le nom de M. de Rigaud, né à Montréal le 8 février 1703, fut le dernier gouverneur de Montréal sous le régime français. Il sera fait chevalier de Saint-Louis en 1738. Il décède au château de Collier le 24 aout 1779.
10. - Joseph-Hyacinthe, comte de Vaudreuil, né à Québec le 21 juin 1706, fut gouverneur de Saint-Domingue (Haïti) et décède à Paris le 30 octobre 1764. Il est fait chevalier de Saint-Louis en 1739, et promu commandeur de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis en 1757.
Les armoiries des Rigaud de Vaudreuil se blasonnent : d’argent, au lion de gueules à la queue léopardée couronné du même.