dimanche 24 juillet 2016

Armoiries de Terre-Neuve-et-Labrador

Armoiries du Dominion de Terre-Neuve (1907-1949)
Château Montebello, photo Marc Beaudoin
Lors de la construction de l'hôtel Château Montebello, en 1930, d'île de Terre-Neuve est un Dominion de l'Empire britannique depuis 1907.
Si, les Vikings ont exploré les côtes de Terre-Neuve en l'an mil. Près de cinq siècles plus tard, en 1497, Giovanni Cabotto (John Cabot), un pilote vénitien naturalisé anglais, explore la région pour le compte de l’Angleterre et découvre les Grands Bancs de morue de Terre-Neuve. Le contrôle et la colonisation de l'île seront l'enjeu des rivalités entre Anglais et Français jusqu'au Traité d'Utrecht, en 1713, qui accorde définitivement la possession de Terre-Neuve à la Grande-Bretagne.
D'abord comptoir de pêche, l'île devient colonie royale en 1824. Puis acquiert le statut de Dominion au début du XXe siècle. C'est à ce titre qu'en 1914, elle entre en guerre aux côtés de la Grande-Bretagne. En 1934, le gouvernement de Terre-Neuve est en faillite. L’Assemblée législative s’abolit elle-même, et Londres confie le gouvernement à une commission de fonctionnaires. Après la Deuxième Guerre mondiale, le Royaume-Uni désire se séparer de la coûteuse colonie. Après deux référendums d’autodétermination auront lieu en 1948, 52 % de la population vote pour l'annexion au Canada. Terre-Neuve devient la dixième province canadienne le 31 mars en 1949.
À l'origine, les armoiries de Terre-Neuve avaient été octroyées par le roi Charles Ier d'Angleterre le 1er janvier 1637 (calendrier julien) à la Company of Adventures to Newfoundland, David Kirke, celui qui pris Québec avec ses frères en 1629, était l'un des actionnaires. Kirke sera le gouverneur de Terre-Neuve de 1638 à 1651. Redécouvertes, elles furent adoptées officiellement comme les armoiries du Dominion de Terre-Neuve en 1928. Elles furent enregistrées par l'Autorité héraldique du Canada le 15 novembre 2010 (Vol. VI, p. 9).


Armoiries de David Kirke
Aujourd'hui province de Terre-Neuve et Labrador
Autorité héraldique du Canada (Vol. VI, p. 9
Elles se blasonnent : De gueules à la croix d’argent cantonnée aux un et quatre d’un léopard d’or ceint de la couronne royale du même, aux deux et trois d’une licorne passant d’argent armée, crinée et onglée d’or, colletée d’une couronne de croix pattées et de fleurs de lis munie d’une chaîne passant entre ses pattes antérieures et recourbée sur son dos, le tout du même. La concession de 1637 complète les armes de David Kirke avec un élan d’Amérique passant au naturel pour cimier, deux indigènes de la tribu Beothuk, portant un arc et une flèche comme tenants et la devise « Quaerite prime Regnum Dei » (Cherchez d'abord le royaume de Dieu).

lundi 18 juillet 2016

Trésors héraldiques au château Montebello

Armoiries du Seignory Club.
Château Montebello.
Photo Marc Beaudoin
En 1929, des hommes d'affaires achètent le domaine de la seigneurie de la Petite-Nation qui appartenait à la famille de Louis-Joseph Papineau, avec le partenariat du Canadian Pacifique Railways ainsi que la participation de trois grandes banques canadiennes. Le manoir de Louis-Joseph Papineau fut aménagé pour devenir un club privé sous le nom de Seignory Club. Mais devant l'engouement pour la nouvelle destination, on décida de faire construire un bâtiment de style scandinave. L'hôtel construit en trois mois sera inauguré le 1er juillet 1930. C'est la plus grande construction en bois ronds au monde. Un foyer à six faces de 38 mètres de haut est le centre du lobby d'où rayonnent les cinq ailes de l'établissement ouvert au public depuis 1970.

Le Château Montebello est situé sur la rive nord de la rivière des Outaouais à mi-chemin entre Montréal et Ottawa. 

La mezzanine de l'aile des restaurants est ornée des armoiries du Canada, des provinces et des territoires. L'ensemble serait banal s'il ne présentait pas des armoiries qui ne sont plus en usages aujourd'hui. Les armoiries du Seignory Club présente la tour du manoir de Louis-Joseph Papineau.


Vue d'ensemble de la mezzanine de la salle à manger de l'hôtel.
Château Montebello. Photo Marc Beaudoin

vendredi 1 juillet 2016

Louis II Jagellon, roi de Bohême et de Hongrie

Armoiries de Louis II de Hongrie, Cathédrale de
Barcelone. Photo Marc Beaudoin
Louis Jagellon est né le 1er juillet 1506 à Budapest. Il est le seul fils de Vladislas II Jagellon et d'Anne de Foix. Il est couronné symboliquement roi de Hongrie, le 4 juin 1507 et le 11 mars 1509, roi de Bohême à Prague, mais ne succèdera à son père qu'en 1516. Il reçut l'éducation d'un prince de la Renaissance. Il parle couramment le hongrois, le latin, le tchèque, le polonais, l'allemand et le français et comprend l'italien. Avant même sa naissance, il est promis en mariage à Marie de Habsbourg, l'une des sœurs de Charles Quint et l'une des petites-filles de l'empereur Maximilien Ier. L'union n'eut lieu qu'en 1522 non sans difficulté.

Louis II de Hongrie, chevalier 141. Recueil des blasons
de la Toison d'or [1430-1599]. Source : BNF, Estampes
et Photographie, 4-PC-17 
Le jeune roi est confronté dès 1521 aux avancées des Turcs de Soliman le Magnifique qu'il ne peut contenir faute de moyens financiers suffisants. Ne pouvant convaincre ses alliés de l’aider dans la lutte contre l’ennemi, il lève quelques troupes insuffisantes pour vaincre les Turcs à la bataille de Mohács, où le roi meurt noyé écrasé sous son cheval lors de la retraite le 29 août 1526. Après avoir assuré la régence jusqu'en 1527, Marie de Hongrie gouvernera les Pays-Bas espagnols pour le compte de son frère l'empereur Charles Quint de 1531 à 1558.
Louis II Jagellon, roi de Bohème et de Hongrie, porte le numéro 141 au registre de l'ordre de la Toison d'or. À Barcelone, il occupe la stalle voisine de François Ier de France. 
Louis II Jagellon portait : écartelé, au premier et quatrième, fascé de gueules et d'argent de huit pièces (de Hongrie ancien : Arpad); au deuxième et troisième, de gueules, au lion d'argent à la queue fourchée passée en sautoir, couronné, armé et lampassé d'or (de Bohême); sur-le-tout de gueules, à l'aigle d'or (de Pologne).



 


lundi 20 juin 2016

Manuel Ier, roi de Portugal et des Algarves, chevalier de la Toison d'or.



Armoiries de Manuel Ier de Portugal,
Barcelone, Cathédrale Sainte-Croix.
Photo Marc Beaudoin
Sur le panneau au-dessus de la stalle voisine de celle du roi d'Angleterre se trouve les armoiries du roi Manuel (ou Emmanuel) 1er, dit le Grand ou le Fortuné. Il est né le 31 mai 1469 à Alcochete. Il est le fils du prince Ferdinand de Portugal, duc de Viseu et de son épouse Béatrice de Portugal. Le 27 octobre 1495, il succède à son cousin germain le roi Jean II. Il devient ainsi le quatorzième roi de Portugal et des Algarves et le quatrième de la dynastie des Aviz.

Manuel Ier, chevalier 140. Recueil de blason
des chevaliers de la Toison d'or. [1430-1599]
Source : BnF, Estampes et photographie, 4-PC-17
Durant son règne, Vasco de Gama découvre la route des Indes (1498), Pedro Alvares Cabral découvre le Brésil (1500), Francisco de Almeida devient le premier vice-roi des Indes et l'amiral Afonso de Albuquerque contrôle les voies commerciales de l'océan Indien et du golfe Persique pour le Portugal. Le Portugal devient l'un des pays les plus riches et plus puissants du monde avec son empire colonial. Cette richesse favorisera la construction d'édifices royaux en style manuélin et la présence d'artistes et d'hommes de sciences à la cour de Lisbonne. Manuel Ier mourra de la peste le 13 décembre 1521 à l'âge de 52 ans. Il sera enterré au Monastère des Hiéronymites à Lisbonne. Il avait marié, en troisième noces, Éléonore de Habsbourg, la sœur de Charles Quint, le 16 juillet 1518.
Manuel 1er, roi de Portugal et des Algarves, porte le numéro 140 au registre de l'ordre de la Toison d'or.  
Le roi portait : d’argent, chargé de cinq écussons d'azur, disposés en croix, chargés chacun de cinq besants d'argent, disposés en sautoir et une bordure de gueules chargée de neuf châteaux d'or, trois sur le chef, quatre sur les flancs et deux en pointe.

dimanche 12 juin 2016

François Ier, roi de France, chevalier de la Toison d'or.




Armoiries de François 1er, roi de France
Cathédrale de Barcelone. Photo Marc Beaudoin
Les armes des chevaliers de l'ordre de la Toison d'or ornent les stalles du chœur de la cathédrale Sainte-Croix et Sainte-Eulalie de Barcelone depuis qu'un chapitre de l'ordre s'y est tenu en 1519. Sur le panneau au-dessus de la stalle vis-à-vis de celle du roi d'Angleterre nous pouvons voir un écu d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or entouré du collier de la Toison d'or. Ce sont les armes de François 1er, sacré roi de France le 25 janvier 1515 dans la cathédrale de Reims. Il succédait à son cousin et beau-père, Louis XII décédé le 1er janvier 1515 en l'hôtel des Tournelles à Paris.
Le nouveau roi de France fut élu un an après son avènement lors du 18e chapitre de l'ordre de la Toison d'or tenu dans la collégiale Sainte-Gudule de Bruxelles en janvier 1516. Il porte le numéro 125 au registre de l'Ordre.

François 1er, chevalier 125. Recueil de blason
des chevaliers de la Toison d'or [1430-1599]
Source : BnF, Estampes et photographie, 4-PC-17   

François Ier est né le 12 septembre 1494 à Cognac. Il est le fils de Charles d’Angoulême et de Louise de Savoie, il appartient à la branche de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne.

Jusqu'à sa mort, le 31 mars 1547 à Rambouillet, son règne sera dominé par sa rivalité avec le duc de Bourgogne et souverain de l'ordre de la Toison d'or, Charles de Habsbourg, devenu roi d’Espagne, en 1516, puis empereur du Saint Empire sous le nom de Charles Quint, en 1519. Cette rivalité sera la cause de quatre guerres pour interdire à l'ennemi impérial de concrétiser ses rêves de recouvrer le duché de Charles le Téméraire.

samedi 4 juin 2016

Henri VIII d'Angleterre au chapitre de Barcelone

Armoiries d'Henri VIII d'Angleterre -
Cathédrale de Barcelone
Lors du chapitre de Barcelone en mars 1519, l'ordre de la Toison d'or comptait les rois d'Angleterre, de France, du Portugal, ainsi que celui de Hongrie et de Bohême. À Barcelone, le plus ancien monarque dans l'Ordre est Henri VIII, élu au 17e chapitre à Middelburg en 1505 alors qu'il était prince de Galles. Il porte le numéro 115 au registre de l'Ordre.

Henri VIII, chevalier 115. Recueil de blason
des chevaliers de la Toison d'or [1430-1599]
Source: BnF, Estampes et photographie 4-PC-14
Il est né au palais de Placentia (à Greenwich, Londres) le 28 juin 1491. Henri Tudor est le troisième enfant et le second fils du roi Henri VII et d'Élisabeth d'York. Grâce à son éducation de très haut niveau, il parlait couramment l'anglais, le latin et le français. En novembre 1501, il joua un rôle important dans les cérémonies entourant le mariage de son frère Arthur à Catherine d'Aragon, la plus jeune fille du roi Ferdinand II d'Aragon et de la reine Isabelle Ire de Castille.
En 1502, à la mort soudaine d'Arthur, vingt semaines après le mariage, il devient le prince de Galles et un accord est signé le 23 juin 1503 en vue d'un mariage entre la veuve d'Arthur et le nouvel héritier de la couronne pour de sceller une alliance entre l'Angleterre et l'Espagne.
Henri succède à son père le 22 avril 1509 et après l'enterrement de son père, Henri VIII déclare qu'il épouserait Catherine même si les questions entourant la dispense papale restaient irrésolues. On connaît la suite.
Henri VIII portait : écartelé, au premier et au quatrième, d'azur à trois fleurs de lis d'or, au deuxième et au troisième, de gueules aux trois léopards d'or, armés, lampassés d'azur.

samedi 30 mai 2015

L'armorial de la Toison d'or à Barcelone


Stalles du chœur de la cathédrale de Barcelone
Nous pouvons admirer dans la cathédrale de la Sainte-Croix et de Sainte Eulalie de Barcelone sur les dossiers des stalles du chœur les armoiries des chevaliers de l'ordre de la Toison d'or. C'est l'un des ensembles monumentaux liés à l'ordre fondé en 1430 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, les mieux conservés dans son intégralité, car il n'a jamais été déplacé et que les devises et inscriptions sont toujours présentes.
Ces œuvres ont été réalisées par le peintre Juan de Borgonya, sous la direction du roi d'armes Thomas Isaac, pour la tenue du dix-neuvième chapitre de l'ordre du 5 au 8 mars 1519. 


Nous découvrirons, dans les prochaines pages, les quarante-six armoiries des membres de l'un des plus prestigieux ordres de chevalerie encore en activité.

Chiffre de la Toison d'or
- Cathédrale de Barcelone 

 

Maximilien Ier de Habsbourg, 3e grand-maître de la Toison d'or

Armoiries de Maximilien Ier de Habsbourg
- Cathédrale de Barcelone
L'ordre de la Toison d'or était destiné à rapprocher la noblesse des États bourguignons de Philippe le Bon et à lui permettre d'honorer ses proches.

Charles le Téméraire succède à son père en 1467 et devint le deuxième grand-maître de l'ordre. Le 5 janvier 1477, Charles le Téméraire meurt lors de la bataille de Nancy.

L'ordre ne se transmet que par les hommes, ou, à défaut d'héritier mâle, à l'époux de l'héritière jusqu'à majorité du fils de celle-ci.

La duchesse héritière Marie de Bourgogne épouse le 21 avril 1477 Maximilien Ier de Habsbourg qui devient ainsi le troisième grand maître et souverain de l'ordre de la Toison d'or.

Maximilien Ier de Habsbourg fut élu roi des Romains en 1486, puis empereur du Saint-Empire en 1508. Il meurt à Wels (Autriche) le 12 janvier 1519. Il ne put donc participer au chapitre de Barcelone.

Blasonnement : D'or, à l'aigle bicéphale de sable, membrée, becquée et liée de gueules; sur le tout parti de gueules à la fasce d'argent et bandé d'or et d'azur de six pièces à la bordure de gueules.

Le bâtard de Bourgogne, chevalier de la Toison d'or

Messire Philippe bâtard de Bourgogne
Cathédrale de Barcelone
Philippe de Bourgogne (1464 - 1524) était le fils illégitime du duc Philippe III le Bon. Il fut anobli en 1486. Philippe Ier de Castille le nomma amiral de Hollande (1498-1517). Il fut élu chevalier de la Toison d'or lors du 16e chapitre de l'ordre dans l'église du couvent des Carmes de Bruxelles, en 1501. Il a été légitimé en 1508. Il deviendra évêque d'Utrecht en 1517.

Dans la cathédrale de Barcelone, le bâtard de Bourgogne porte : D'or aux armes de Bourgogne (
écartelé en 1 et 4 d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bordure componée d'argent et de gueules et en 2 parti de bandé d'or et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules et de sable au lion d'or, armé et lampassé de gueules et en 3 parti de bandé d'or et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules et d'argent au lion de gueules armé et lampassé d'or. Sur le tout d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules) ployées en chevron brochant.

dimanche 24 mai 2015

Charles Quint, 5e grand-maître de la Toison d'or

Philippe de Habsbourg, dit « le Beau » (1478-1506), archiduc d'Autriche, duc titulaire de Bourgogne (Philippe IV) (1482-1506), roi de Castille et León (Philippe Ier) (1504-1506), quatrième grand-maître de l'ordre de la Toison d'or. Il sera élu dans l'ordre lors du 14e chapitre à Bois-le Duc en 1481.

Son fils, Charles de Gand (1500-1558) est élu dans l'ordre lors du 16e chapitre à Bruxelle en 1501. Il deviendra le 5e grand-maître à la mort de Philippe le Beau en 1506.

Il devient roi des Espagnes à la mort de Ferdinand d'Aragon en 1516. À la mort de son grand-père Maximilien Ier en 1519, Charles est le favori pour sa succession au titre d’empereur des Romains. En vertu d'une convention passée entre Maximilien et Vladislas Jagellon, il est, en outre, avec son frère Ferdinand, un des deux seuls héritiers de son beau-frère, Louis II Jagellon, roi de Bohême et de Hongrie, tant que celui-ci n'a pas d'enfants. Il est élu Roi des Romains en 1519, puis couronné Empereur du Saint-Empire en 1520.
Armoiries de Charles Quint
Cathédrale de Barcelone
Dans le chœur de la cathédrale de Barcelone, Charles Quint porte les armes suivantes : écartelé en I et IV contre-écartelé en 1 et 4 contre-écartelé en 1 et 4, de gueules au château d'or ouvert et ajouré d'azur et en 2 et 3 d'argent au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'or, et en 2 et 3 parti en 1 d'or à quatre pals de gueules et en 2 écartelé en sautoir d'or aux quatre pals de gueules et d'argent à l'aigle de sable, accompagné en pointe d'argent à une pomme grenade de gueules, tigée et feuilleté de sinople et en II et III contre-écartelé en 1 de gueules à la fasce d'argent, en 2 d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bande componée d'argent et de gueules, en 3 bandé d'or et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules et en 4 de sable au lion d'or, armé et lampassé de gueules, sur le tout parti d'or au lion de sable armé, couronné et lampassé de gueules et d'argent à l'aigle éployé de gueules, membré et becqué d'or.

Hugues de Melun, chevalier de la Toison d'or

Messire Hugues de Melun, Seigneur
de Hendine vicomte de Gand
Cathédrale de Barcelone

Hugues de Melun (vers 1454-1524), seigneur de Hendine, vicomte de Gand, de Caumont et de Rosny, conseiller et chambellan de Charles Quint, gouverneur d'Arras, petit-fils de Jean IV de Melun qui était détenteur du 29e brevet de chevalier de la Toison d'or.

La famille de Melun remonte à Aurélien, chambellan et garde des Sceaux de Clovis Ier, fut député par ce prince, en 494 vers Gondebaud, roi des Bourguignons (Burgondes), pour lui demander en mariage sa nièce Clotilde (465-545), fille du roi Chilpéric II, dont Gondebaud était le meurtrier. Le monarque franç, pour récompenser Aurélien du succès de cette négociation, lui donna le château de Melun avec le titre de comte, et l'autorité ducale dans toute la province.

Hugues de Melun fut élu chevalier de la Toison d'or lors du 15e chapitre de l'ordre dans la Collégiale Saint-Rombauld de Malines en 1491.

Dans la cathédrale de Barcelone, Hugues de Melun porte d'azur, à sept besants d'or posés 3, 3 et 1, au chef du même.

Jacques II de Luxembourg, chevalier de la Toison d'or

Jacques II de Luxembourg (1443-1517), comte de Gavre, seigneur de Fiennes, d'Armentières, de Sottenghien, d'Arckenghien, d'Auxi-le-Château, gouverneur et capitaine général du comté de Flandre, chambellan de l’empereur Charles Quint. Il était le fils de Jacques Ier de Luxembourg-Ligny qui sera exclu de l'ordre en 1481 en raison de son passage au service du royaume de France.

Messire Jacques de Luxembourg,
Seigneur de Fiennes. Trépassé.
Cathédrale de Barcelone

Jacques II sera élu chevalier de l'ordre de la Toison d'or lors du 13e chapitre dans l'église Saint-Sauveur de Bruges en 1478.

Les armes de Jacques II de Luxembourg dans le chœur de la cathédrale de Barcelone sont : écartelé : 1 et 4, d'argent, au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'or, la queue fourchée passée en sautoir (Luxembourg); 2 et 3, d'azur, à la comète d'argent de seize rais (Les Baux). Contrairement aux autres armoiries, celles d'un chevalier décédé sont représentées suspendues à une courroie de cuir entrelacée en forme de trèfle.

Le fils de Jacques II de Luxembourg, Jacques III de Luxembourg (d. 1530) sera intronisé dans l'ordre de la Toison d'or lors du chapitre de Barcelone. (Brevet no 110)

lundi 28 octobre 2013

Héraldique universitaire

La récente victoire des Rouge et Or de Laval sur les Carabins de l'Université de Montréal m'offre l'occasion de souligner les armoiries des deux premières universités francophones au Québec.


Vitrail aux armes de l'Université Laval (1852-1952)
Chapelle extérieure du Séminaire de Québec
L'Université Laval a été créée par une charte royale le 8 décembre 1852. Mais ce n'est qu'en 1876, que le pape Pie IX, par la bulle « Inter Varias Sollicitudines », lui octroie sa charte pontificale. Les premières armoiries de l'institution du Vieux-Québec figurent dans un vitrail de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec. Elles reflètent les quatre facultés d'origines de l'université québécoise. Elles se blasonnent : écartelé au 1, d'azur à la croix latine d'or (Théologie), au 2, de gueules au livre ouvert d'argent (Lettres), au 3, de gueules à la balance d'argent (Droit), au 4, d'azur au bâton d'Esculape d'or (Médecine). L'écu est sommé d'un soleil rayonnant issant. La devise, toujours en usage à l'Université Laval, « Deo Favente Haud Pluribus Impar. » (Avec la grâce de Dieu, à nul autre comparable), s'inspire de celle de Louis XIV, « Nec pluribus impar ». Le onzième championnat successif au football universitaire du Rouge et Or en est une incontestable illustration.

La première université francophone de Montréal ouvre ses portes en 1878 sous le nom d'Université Laval à Montréal avec une charte pontificale. La succursale montréalaise de Laval compte alors trois facultés : théologie, droit et médecine. Ce n'est que le 8 mai 1919 que le Saint-Siège accorde l'autonomie totale à l’Université de Montréal. Le 14 février 1920, une loi provinciale officialise le tout.

Armoiries de l'Université de Montréal
Les armoiries de l’Université de Montréal ont été adoptées en 1920. Victor Morin, le président du Collège héraldique de la Société historique de Montréal, fut chargé de mener à terme le choix entre les différents projets d'armoiries. C'est celui du vice-recteur Mgr Émile Chartier qui fut retenu. Elles se blasonnent : d’azur à une colline sommée d’un château à deux tours pointues réunies par une courtine d'or surmontées à dextre d’une étoile d’or et à senestre d’une étoile d’argent. Un rameau d'érable à dextre et un rameau de chêne à senestre supportent l'écu. Devise « Fide splendet et scientia » (Elle rayonne par la foi et la science).

 

lundi 14 octobre 2013

Le premier cardinal né au Canada


Armoiries de Gabriel-Elzéar Taschereau
Assemblée nationale du Québec
Elzéar-Alexandre Taschereau est le premier cardinal né au Canada. Né le 17 février 1820 à Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce (Sainte-Marie, Québec), il est le fils de Jean-Thomas Taschereau et de Marie Panet, fille du premier président de la chambre d’Assemblée du Bas-Canada, Jean-Antoine Panet (1792-1794) et la nièce de Bernard-Claude Panet (12e évêque et 2e archevêque de Québec de 1825 à 1833). Il est issu de l'une des grandes familles de l'histoire canadienne et québécoise. Son père était un homme politique et juge. Son grand-père, Gabriel-Elzéar Taschereau, fut membre du conseil législatif et seigneur de Sainte-Marie. Ses armes figurent dans les boiseries du Parlement de Québec. L'un de ses cousins, Henri-Elzéar Taschereau sera juge en chef de la Cour suprême du Canada (1902-1906) de même que l'un de ses petits-neveux, Robert Taschereau (1963-1967). Enfin, son neveu, Louis-Alexandre Taschereau, fut le 14e premier ministre du Québec (1920-1936). Les armes de la famille Taschereau se blasonnent : Écartelé : aux 1 et 4 de gueules, à la branche de rosier supportant trois roses d’argent; aux 2 et 3 d’azur, à deux épées d’argent en sautoir, accompagnées de quatre étoiles du même.



Armoiries Elzéar-Alexandre Cardinal Taschereau
Vitrail, chapelle extérieure du Séminaire de Québec


Après de brillantes études au petit séminaire de Québec, Elzéar-Alexandre Taschereau obtint, en 1856, un doctorat en droit canon à Rome pour ensuite devenir professeur, préfet, directeur des études et supérieur du séminaire de Québec. En 1852, il aida à la fondation de l'Université Laval. Le 24 décembre 1870, Pie IX le nomme archevêque de Québec. En 1886, le pape Léon XIII l'élève au rang de cardinal-prêtre titulaire de Santa Maria della Vittoria. Il meurt à Québec le 12 avril 1898.

Le 16e évêque et 6e archevêque de Québec adopta les armoiries suivantes : Écartelé : aux 1 et 4 d'or, à la branche de rosier de sinople supportant trois de gueules; aux 2 et 3 d’azur, à deux épées d’argent en sautoir, accompagnées de quatre croix du même. Cimier : chapeau de cardinal à 15 houppes, croix patriarcale d'or. Devise : IN FIDE, SPE ET CARITATE CERTANDUM (C'est dans la foi, l'espérance et la charité qu'il faut combattre.) 

  

samedi 3 août 2013

Les Beauharnais en Nouvelle-France

Parmi les armoiries visibles dans les verrières de la gare du Palais à Québec, celles des Beauharnois (ou Beauharnais) rappellent deux membres d'une illustre famille d'Orléans dont les alliances opportunes feront la fortune sous la monarchie et même l'Empire.

Armoiries de François de Beauharnois
vitrail - gare du Palais de Québec
François de Beauharnois de La Boëche (1665-1746) fut de 1692 à 1702 commissaire ordinaire à Toulon, puis à Rochefort, Le Havre et Brest. En 1702, il remplace Jean Bochart de Champigny comme intendant de la Nouvelle-France, avant de devenir en 1706 intendant des armées navales. En janvier 1710, il poursuit sa carrière en devenant intendant des classes, puis trois mois plus tard, il récupère les intendances de Rochefort et de la généralité de La Rochelle. François de Beauharnais s’éteint le 9 octobre 1746 sur sa terre de la Boëche, ancien nom de la seigneurie de La Chaussée (ou la Chaussaye).
Charles de la Boische, marquis de Beauharnois (1671–1749) est le frère cadet de l’intendant. Il est un officier de la Marine royale, où il combattra la flotte anglaise pendant les guerres de la Ligue d'Augsbourg et de la Succession d'Espagne. Il est fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis en 1718. Il en sera fait commandeur et grand-croix en 1732 et 1738. En 1726, il succède à Philippe de Rigaud de Vaudreuil, décède en octobre 1725, comme gouverneur général de la Nouvelle-France. Il est le premier officier de marine à accéder à cette fonction. En 1747, à 76 ans, Beauharnois est rappelé en France. Il sera nommé lieutenant-général des armées navales en janvier 1748. Il meurt le 12 juillet 1749. Il est inhumé dans la paroisse Saint-Sauveur, à Paris.

C'est leur frère, Claude de Beauharnois de Beaumont et de Villechauve, qui perpétuera le nom de Beauharnois. Son fils ainé, François, marquis de la Ferté-Beauharnois, sera gouverneur de la Martinique. Le troisième fils de ce dernier, Alexandre de Beauharnais épousera en 1779 Marie-Josèphe Rose de Tascher de la Pagerie, mieux connue sous le nom de Joséphine de Beauharnais, dont naitra Eugène (1781) et Hortense (1783). Le mariage de leur mère avec Napoléon Bonaparte en 1796 les fera entrer dans l'Histoire.
Les armes de la famille Beauharnais, enregistrées le 23 décembre 1699 au bureau de Brest, se blasonnent ainsi : D’argent, à une fasce de sable, accompagnée de trois merlettes de même, rangées en chef.

Remarquez ici que l’artiste a pris quelques libertés avec les merlettes, la couronne et même avec les insignes de l’ordre de Saint-Louis.

mardi 16 juillet 2013

Un chevalier de Malte à Québec

Croix de Malte - vestige du fort Saint-Louis, Québec
Hôtel Fairmount Château Frontenac
Charles Huault de Montmagny (c1583-c1653) est le premier gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle-France de 1636 à 1648. Il est issu d'une famille qui remonte au roi Henri Il, dont Jacques Huault était conseiller et secrétaire. Les Huault possédaient un domaine étendu. Ils étaient marquis de Vaires et de Bussy-Saint-Martin (Seine-et-Marne), seigneurs de Bernay, Montmagny et Richebourg (Seine-et-Oise). Élève des Jésuites, Charles Huault entre dans l’ordre de Malte le 3 août 1622. Dix en plus tard, son nom figure parmi les directeurs de la Compagnie de la Nouvelle-France.


Vitrail aux armes de Montmagny
Gare du Palais, Québec
Une pierre gravée d'une croix de Malte est l'un des vestiges des transformations du château Saint-Louis en une forteresse de pierre et de brique qu'ordonna le gouverneur de Montmagny dès son premier mandat. Cette pierre est visible au-dessus d'une des arches du « guichet » de l'hôtel Fairmount Château Frontenac. Le texte qui l'accompagne est à l'origine d'un légendaire prieuré de l'Ordre de Malte en Nouvelle-France.
 
Nous pouvons voir les armoiries de Charles Huault de Montmagny dans la verrière de la gare du Palais. Elles se blasonnent : D'or, à la fasce d'azur chargée de trois molettes d'éperon d'or et accompagnée de trois coquerelles de gueules. Décoration : la croix de Malte pendue à un ruban noir.

samedi 13 juillet 2013

Un célèbre intendant de la Nouvelle-France

Le plus célèbre des intendants de la Nouvelle-France est certainement Jean Talon (1626-1694). Talon reçoit sa commission d’intendant de la Nouvelle-France le 23 mars 1665. Il arrive à Québec le 12 septembre 1665 à bord du Saint-Sébastien, avec le gouverneur général Daniel de Remy de Courcelle et un détachement du régiment de Carignan-Sallières. Jean Talon sera intendant de la Nouvelle-France de 1665 à 1668 et de 1670 à 1672. Sous administration, la colonie prospéra et il encourage son autosuffisance. Il fut le premier à encourager la culture du houblon et de l'orge et créa ainsi la première brasserie commerciale de la Nouvelle-France, même si son entreprise ne fut pas un succès. Nous lui devons l'arrivée des premières « Filles du Roi » qui permit de tripler la population en seulement quinze ans.
Armoiries de Jean Talon
Vitrail - gare du Palais - Québec

En 1671, Colbert annonce à Talon que les terres qu'il a acquises entre 1667 et 1670, 1667 sont érigées en baronnie des Islets. Son domaine devient le comté d'Orsainville en 1675. Ses héritiers le vendront à Mgr de Saint-Vallier, qui en fait don à l'Hôpital général.

Les armoiries de l'intendant Talon sont visibles dans la verrière de la façade de la gare du Palais de Québec. Le nom de cette gare ferroviaire, construite en 1915, rappelle la présence dans cette partie de la ville du palais des intendants de Nouvelle-France. Où, le Conseil supérieur et la chambre de la Prévôté de Québec agissaient alors comme tribunaux civils, criminels et de premières instances. Le quartier retrouva ces fonctions judiciaires avec la construction du palais de Justice dans les années 1970.

Le vitrail armorié illustrant les armoiries de Jean Talon se blasonne : D'azur, au chevron accompagné de trois épis soutenus chacun d'un croissant le tout d'or.

mercredi 3 juillet 2013

Les armoiries du deuxième maire de Québec

Armoiries attribuées à René-Édouard Caron
Assemblée nationale du Québec
René-Édouard Caron fut le deuxième maire de la ville de Québec (1834-1836 et 1840-1846) et le second lieutenant-gouverneur de la province de Québec (1873-1876). Il est né à Sainte-Anne-de-Beaupré le 21 octobre 1800 du mariage d’Élisabeth Lessard et d’Augustin Caron. Son père était un cultivateur aisé qui fut député à la chambre d’Assemblée du Bas-Canada. Il fut l'un des trois commissaires chargés de la codification des lois civiles du Bas-Canada en 1859. René-Édouard Caron est décédé en fonction le 13 décembre 1876 à Québec.

Lors de la construction du Parlement entre 1877 et 1886, Eugène-Étienne Taché dessina des armoiries au second lieutenant-gouverneur de l'histoire de la province de Québec. Elles ornent le pavillon central de l'aile Grande Allée du Parlement de Québec, au-dessus de la porte du Lieutenant-gouverneur. Elles se blasonnent : D’argent, à la bande d’azur semé de fleurs de lys d’or. Cimier : un heaume grillagé taré de face sommé d'une fleur de lys sur un bourrelle d’azur et d’argent. Devise : Suaviter in modo fortiter in re (douceur dans la manière, fermeté dans l’action.).

Armoiries attribuées à sir Adolphe-Philippe Caron
Manège militaire de Québec
Nous retrouvons ces mêmes armoiries sur la façade du Manège militaire construit par Eugène-Étienne Taché entre 1883 et 1888. Les armoiries sur la tour ouest porte se blasonnent : D’argent, à la bande d’azur semé de fleurs de lys d’or Cimier : un heaume grillagé taré de face sommet d'une fleur de lys. Devise : Suaviter in modo fortiter in re (douceur dans la manière, fermeté dans l’action.)

Ici, Taché attribue les armoiries du lieutenant-gouverneur à son fils, sir Adolphe-Philippe Caron. Né le 24 décembre 1843 à Québec, il est le seul fils survivant de René-Édouard Caron et de Marie-Vénérande-Joséphine DeBlois. Il épouse à Québec, le 25 juin 1867, Alice Baby de Ranville, fille de Charles-François-Xavier Baby de Ranville et de Clotilde Pinsoneault. Il décédera le 20 avril 1908 à Montréal. Député conservateur de la circonscription fédérale de Québec de 1873 à 1891, puis de Rimouski de 1891 à 1896. Il sera le ministre de la Milice et de la Défense de 1880 à 1892. Il est fait chevalier de l’ordre de Saint-Michel et Saint-Georges le 25 août 1885.


Armoiries de François Baby de Ranville
Assemblée nationale du Québec
Notons que les armoiries du grand père d'Alice, François Baby de Ranville (1733-1820), figurent sur les boiseries de l'Assemblée nationale. Il fut nommé membre du Conseil exécutif en 1791 et, en 1792, membre du Conseil législatif; ces deux organismes avaient été créés par l’Acte constitutionnel de 1791. En 1794, 1802–1803 et 1806–1807, il siégea comme président du Conseil législatif.
L'ancêtre des Baby, Jacques Baby de Banville, vint au Canada en 1665 comme officier du régiment de Carignan-Salières. En 1670, il épouse Jeanne Dandonneau, fille de Pierre Dandonneau, dit Lajeunesse, sieur Du Sablé, citoyen important de Trois-Rivières qui s’était établi à Champlain vers 1660. Jacques Baby meurt à Champlain le 28 juillet 1688 en 1688, à l’âge d’environ 55 ans, laissant une assez belle fortune. Raymond Baby, le plus jeune de ses 11 enfants, est le père de François Baby.

dimanche 30 juin 2013

Les armoiries du Canada en 1885

Les armoiries du Canada ne datent que de 1921. Les héraldistes à l'époque de l'union confédérative de 1867 choisirent de regrouper les armes des quatre provinces fondatrices dans un écartelé. Puis, ont cru nécessaire d'incorporer, à l'écu initial, les armoiries de chaque nouvelle province dans la Confédération. Ainsi à l'entrée du Manitoba (1870), de la Colombie-Britannique (1871) et de l'Île-du-Prince-Édouard (1873), l'on partitionna l'écu en cinq, en six et sept divisions. L'entrée en 1905 des provinces d'Alberta et de la Saskatchewan porta à neuf divisions les armoiries du Canada. Et comme les armes de chaque province sont elles-mêmes composées de plusieurs meubles, pièces honorables et toutes chargées d'un chef spécifique, le résultat obtenu est très loin des principes héraldiques de simplicité et de lisibilité des partitions. Si bien, que dans son « Traité d’art héraldique » paru en 1919, l'héraldiste Victor Morin n'hésite pas à écrire que les armoiries du Canada ne sont pas du blason, mais du dévergondage. Allant jusqu'à les blasonner « D’arc-en-ciel à la bouillabaisse du même » (page 175). Finalement, ce ne sera qu'en 1921 que le roi George V concèdera les armoiries actuelles et de la devise Ad mari usque ad mare. http://archive.org/stream/traitdarthra00moriuoft#page/174/mode/2up


Armoiries du Canada en 1888
Manège militaire Voltigeurs de Québec
Le Manège militaire de la Grande Allée à Québec est le troisième édifice conçu par Eugène-Étienne Taché. Érigé sur le site d'un premier manège militaire en bois, le nouvel édifice servira de domicile à la milice. Son style s'inspire des châteaux du XIVe et XVe siècle. La construction du vaste bâtiment de 105 mètres de long débute en 1885. Il est inauguré en 1888 par le gouverneur général du Canada sir Frederick Arthur Stanley. La façade est ornée des armoiries du Canada, de la province et de la ville de Québec ainsi que des ministres fédéraux de la Milice et de la Défense et celui des Travaux publics en poste durant la construction du manège militaire.

Les armoiries qui figurent au-dessus de la porte centrale du Manège militaire reflètent l'état de la fédération en 1885. Elles se blasonnent : au 1 : De sinople à trois feuilles d'érable sur une tige d'or, au chef d'argent chargé de la croix de saint Georges (Ontario); au 2 D'or à la fasce de gueules à un léopard d'or armé et lampassé d'azur accompagné en chef de deux fleurs de lis d’azur et en pointe d'une branche d’érable à sucre à triple feuille de sinople aux nervures du champ (Québec); au 3 : D'or à la fasce ondée d'azur chargé d'un saumon et accompagné de trois chardons tigés et feuillés, le tout au naturel (Nouvelle-Écosse); au 4 : D'or, à une galère antique munie de rames en action voguant sur une onde, le tout au naturel, au chef de gueules chargé d'un léopard du champ. (Nouveau-Brunswick); au 5 : De sinople, au bison arrêté sur un roc, le tout au naturel, au chef d'argent chargé de la croix de Saint-Georges chargée d'une couronne royale en abime. (Manitoba); au 6 : D'argent, à la couronne royale sommé d'un léopard couronné d'or, accompagnée d'une palme à dextre et d'un rameau de laurier à senestre (Colombie-Britannique); au 7 : D'argent à une île de sinople sommée de deux arbres du même, accompagné en pointe des mots Parva sub ingenti (île du Prince-Édouard). L'écu est timbré d'une couronne royale ouverte et la devise : « Dieu et mon Droit ». Deux rameaux d'érable servent de soutiens à l'écu.

vendredi 28 juin 2013

Du vicariat apostolique de la Nouvelle-France au diocèse de Québec


Armoiries du pape Alexandre VII - vitrail
Chapelle extérieure du Séminaire de Québec
L'histoire des débuts de l'Église catholique en Nouvelle-France s'illustre non seulement sur les murs du Parlement de Québec, mais aussi dans les vitraux de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec.


C'est sous le pontificat du pape Alexandre VII que sera créé le Vicariat apostolique de la Nouvelle France, le 11 avril 1658. Il serait trop long de raconter ici les événements et les échanges entre le Quirinal et le Louvre relativement à la venue d'un évêque en Nouvelle-France. Les lecteurs de ce carnet découvriront dans le livre de l'historien Lucien Campeau « L'évêché de Québec (1674) : Aux origines du premier diocèse érigé en Amérique française » les détails de l'histoire de la création du vicariat apostolique jusqu'à son érection en diocèse par Innocent XI, le 1er octobre 1674. http://www.ourroots.ca/e/toc.aspx?id=8715.

Le pape Alexandre VII, Fabio Chigi (1599-1667), fut élu le 16 avril 1655. La famille Chigi était l'une des plus illustres et influentes familles d'Italie. Son père, Flavio Chigi, était un neveu du pape Paul V. Alexandre VII entérina la condamnation du jansénisme prononcée par Innocent X et mit les Provinciales de Pascal à l’Index. Il chercha à contenir l'expansion du protestantisme en Italie et en Angleterre.

Les armoiries du pape Alexandre VII sur un vitrail de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec se blasonnent : écartelé aux 1 et 4, d'azur au chêne d'or aux rameaux passés en sautoir (Rovere), aux 2 et 3, de gueules à une montagne de six coupeaux d'argent accompagné en chef d'une étoile d'or (Chigi). Les puristes auront remarqué une erreur dans les armes des Chigi : les six coupeaux devraient être d'or et non d'argent.


La présence des armes des della Rovere s'explique par le privilège que le pape Jules II (1443-1513), accorda aux Chigi de porter ses armes et son mon : aussi on les appelle Chigi della Rovere. 

Armoiries attribuées à Mgr de Laval
Chapelle extérieure du Séminaire de Québec
La chapelle referme un autre cas d'armoiries erronées ou du moins non conformes à celles attribuées à l'évêque in partibus de Pétrée. Elle se trouve au pied du gisant de Mgr de Laval. Jugez-en par vous-même.