vendredi 28 juin 2013

Du vicariat apostolique de la Nouvelle-France au diocèse de Québec


Armoiries du pape Alexandre VII - vitrail
Chapelle extérieure du Séminaire de Québec
L'histoire des débuts de l'Église catholique en Nouvelle-France s'illustre non seulement sur les murs du Parlement de Québec, mais aussi dans les vitraux de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec.


C'est sous le pontificat du pape Alexandre VII que sera créé le Vicariat apostolique de la Nouvelle France, le 11 avril 1658. Il serait trop long de raconter ici les événements et les échanges entre le Quirinal et le Louvre relativement à la venue d'un évêque en Nouvelle-France. Les lecteurs de ce carnet découvriront dans le livre de l'historien Lucien Campeau « L'évêché de Québec (1674) : Aux origines du premier diocèse érigé en Amérique française » les détails de l'histoire de la création du vicariat apostolique jusqu'à son érection en diocèse par Innocent XI, le 1er octobre 1674. http://www.ourroots.ca/e/toc.aspx?id=8715.

Le pape Alexandre VII, Fabio Chigi (1599-1667), fut élu le 16 avril 1655. La famille Chigi était l'une des plus illustres et influentes familles d'Italie. Son père, Flavio Chigi, était un neveu du pape Paul V. Alexandre VII entérina la condamnation du jansénisme prononcée par Innocent X et mit les Provinciales de Pascal à l’Index. Il chercha à contenir l'expansion du protestantisme en Italie et en Angleterre.

Les armoiries du pape Alexandre VII sur un vitrail de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec se blasonnent : écartelé aux 1 et 4, d'azur au chêne d'or aux rameaux passés en sautoir (Rovere), aux 2 et 3, de gueules à une montagne de six coupeaux d'argent accompagné en chef d'une étoile d'or (Chigi). Les puristes auront remarqué une erreur dans les armes des Chigi : les six coupeaux devraient être d'or et non d'argent.


La présence des armes des della Rovere s'explique par le privilège que le pape Jules II (1443-1513), accorda aux Chigi de porter ses armes et son mon : aussi on les appelle Chigi della Rovere. 

Armoiries attribuées à Mgr de Laval
Chapelle extérieure du Séminaire de Québec
La chapelle referme un autre cas d'armoiries erronées ou du moins non conformes à celles attribuées à l'évêque in partibus de Pétrée. Elle se trouve au pied du gisant de Mgr de Laval. Jugez-en par vous-même.

mardi 25 juin 2013

Les Récollets, Jésuites et Sulpiciens sur la façade du Parlement de Québec

L'histoire des débuts de l'Église catholique en Nouvelle-France s'illustre non seulement sur les murs du Parlement de Québec, mais aussi dans les vitraux de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec.

armoiries des Jésuites et des Récollets
Assemblée nationale du Québec
Les armoiries de trois ordres religieux masculins ornent la façade de l'Assemblée nationale du Québec.

Les armoiries et les devises des Jésuites et des Récollets sont placées dans l'entablement d'une fenêtre de la tour Jacques-Cartier entre les niches des statues du jésuite Jean de Brébeuf et du récollet Nicolas Viel.

Les Récollets (en latin, ordo fratrum minorum recollectorum) sont issus d’une réforme de l’ordre franciscain accomplie en Espagne au XVe siècle, qui furent introduits en France en 1585. Rappelons que François d’Assise créa en 1209 une communauté fondée sur la pauvreté totale et la prédication, dont les règles furent approuvées par le pape Innocent III en 1215. Les récollets de France fournirent des aumôniers militaires et dès 1615, beaucoup de missionnaires en Nouvelle-France.

Les armoiries des Récollets sur la façade du Parlement se blasonnent : de gueules, à la croix de calvaire d’or rayonnant du même entre deux bras de carnation mouvants des angles de l’écu d’une nuée d’argent, les stigmates de sable, passés en sautoir; l’un vêtu, passé derrière la croix, l’autre nu, brochant sur le pied de la croix : le tout soutenu de trois clous de la passion d’argent. Devise : « Absit mihi gloriari nisi in cruce » Gal. 6, 14" (Pour moi, non, jamais d'autre titre de gloire que la croix).

La Compagnie ou Société de Jésus fut fondée par Ignace de Loyola, en 1534. Le pape Paul III en approuva les règles en 1540 et par la bulle Regimini Militantis Ecclesiae il chargea les Jésuites de la prédication de la foi aux païens et de la lutte contre l’hérésie issue de la Réforme. Les premiers jésuites arrivèrent en Nouvelle-France en 1625. Tout comme les Récollets, les Jésuites furent interdits après la Conquête britannique.

Les armoiries des Jésuites sur la façade du Parlement se blasonnent : d’azur au nom de Jésus (IHS) d’or sur une gloire rayonnante d’or, soutenu en pointe de trois clous de la passion appointés d’argent et d’or. Devise : « Ad maiorem Dei gloriam » (Pour une plus grande gloire de Dieu).

Armoiries des Sulpiciens
Assemblée nationale du Québec
La Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice est un ordre de prêtres diocésain fondée à Paris en 1641 par Jean-Jacques Olier de Verneuil. Avec Jérôme le Royer de la Dauversière, il est l'un des fondateurs de la Société Notre-Dame de Montréal. Elle sera à l'origine de la fondation de Ville-Marie (Montréal) en 1642. Les premiers sulpiciens arrivent à Ville-Marie en 1657, pour y fonder le Séminaire de Ville-Marie et la cure de Notre-Dame. En 1663, ils deviennent jusqu'à la Conquête seigneur de l'île de Montréal. À partir de 1840, les Sulpiciens dirigèrent le Grand Séminaire de Montréal. Les cardinaux Paul-Émile Léger (1904-1991) et Marc Ouellet (Préfet de la Congrégation pour les évêques depuis 2010) en sont d'éminents membres.

Les armoiries des Sulpiciens sur la façade du Parlement se blasonnent : d’azur aux lettres d’or J, M, A et J superposées (pour former le monogramme de Jésus, Maria, Joseph). Cimier : une couronne. Support : deux léopards.

vendredi 14 juin 2013

De Laval à Pontbriand, les armoiries des évêques de la Nouvelle-France

L'histoire des débuts de l'Église catholique en Nouvelle-France s'illustre non seulement sur les murs du Parlement de Québec, mais aussi dans les vitraux de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec.

Nous avons recensé les armoiries de trois évêques de Québec et de trois ordres religieux sur les murs de la façade et sur les boiseries de l'Assemblée nationale du Québec.

Armoiries de Mgr de Laval
Assemblée nationale du Québec
Les armoiries du premier évêque de Québec figurent sur la façade du Parlement au-dessus de sa statue. Elles se blasonnent : d’or à la croix de gueules, chargée de cinq coquilles d’argent, cantonnée de seize alérions d’azur. François-Xavier de Montmorency-Laval est né à Montigny-sur-Avre (Eure-et-Loir), dans le diocèse de Chartres (France), le 30 avril 1623. Il est le fils de Hugues de Laval, seigneur de Montigny, Montbaudry, Alaincourt et Revercourt, et de Michelle de Péricard. Le 8 décembre 1658, il est consacré comme évêque in partibus de Pétrée, dans l'abbatiale de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Il sera vicaire apostolique en Nouvelle-France (1658–1674), puis le premier évêque de Québec (1674–1688). Il meurt à Québec le 6 mai 1708, inhumé le 9 dans la cathédrale de cette ville.


Armoiries de Mgr de Saint-Vallier
Assemblée nationale du Québec
Les armoiries du second évêque de Québec figurent sur les boiseries de l'escalier d'honneur du Parlement. Ils se blasonnent : d'azur, à la tête de cheval d'or animé de gueules; au chef cousu de gueules, chargé de trois croisettes d'argent.
Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier est né à Grenoble le 14 novembre 1653. Il est le fils de Jean de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier et de Marie de Sayve. Il est issu d'une famille d'avocats, de diplomates et grands propriétaires à Grenoble. Il commence sa vie en Nouvelle-France en 1685 comme vicaire général et, à ce titre, il fait la visite du diocèse jusqu’en Acadie. Il est consacré évêque le 25 janvier 1688, par Mgr Jacques Nicolas Colbert. Son épiscopat du 31 juillet 1688 sera marqué par des années de crise, de brouille avec le gouverneur, l'armée, le chapitre de Notre-Dame de Québec, les Récollets. Il meurt à l'Hôpital général de Québec le 26 décembre 1727. Même ses funérailles seront marquées par un conflit entre le chapitre, son doyen et l'intendant.

Armoiries de Mgr de Pontbriand
Assemblée nationale du Québec
Les armoiries du dernier évêque de Québec sous le Régime français figurent elles aussi sur les boiseries de l'escalier d'honneur. Elles s'y blasonnent : d'azur au pont de trois arches d'argent. Henri-Marie Dubreil de Pontbriand, sixième évêque de Québec, né à Vannes, France, vraisemblablement en janvier 1708, fils de Joseph-Yves Dubreil, comte de Pontbriand, capitaine des gardes-côtes de l’évêché de Saint-Malo, et d’Angélique-Sylvie Marot de La Garaye, décédé à Montréal le 8 juin 1760.
 
Selon, E.-Z. Massicotte dans L'Armorial du Canada français, les armes complètes se blasonnent : écartelé : aux 1 et 4 d'azur, au lion d'argent armé, lampassé et couronné de gueules (Dubreil); aux 2 et 3, d'azur au pont de trois arches d'argent, maçonné de sable (de Pontbriand).

 

 

lundi 3 juin 2013

Le héros de Chateauguay au Parlement de Québec

Armoiries de Charles-Michel d'Irumberry
de Salaberry - façade du Parlement de Québec
Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, officier dans l’armée et dans la milice, juge de paix, fonctionnaire, homme politique et seigneur, né le 19 novembre 1778 à Beauport, Québec, fils aîné d’Ignace-Michel-Louis-Antoine d’Irumberry de Salaberry, un ami intime du duc de Kent, père de la reine Victoria, durant son séjour au Canada, et de Françoise-Catherine Hertel de Saint-François; le 13 mai 1812, il épousa à Chambly, Bas-Canada, Marie-Anne-Julie Hertel de Rouville, fille de Jean-Baptiste-Melchior Hertel de Rouville, et ils eurent quatre fils et trois filles; décédé le 27 février 1829 à Chambly.
 

Vainqueur de la bataille de Châteauguay avec une milice canadienne-française distinctive qu’il avait lui-même levée (les Voltigeurs), il devint rapidement un héros pour ses batailles décisives remportées lors de la Guerre de 1812 et sera le militaire canadien le plus respecté de son temps. Le 5 février 1817, il est fait compagnon du Très honorable Ordre du Bain.

Sa statue sur la façade du Parlement est l'œuvre de Philippe Hébert, elle fut installée en septembre 1894. Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry est issu d'une branche de la maison d'Irumberry en Navarre française.

Blasonnement sur façade du parlement : Parti : au 1 coupé : A, d’or, au lion de gueules; B, d’or à deux bœufs, de gueules accornés et clarinés d’azur; au 2 de gueules, à une croix d’argent pommettée d’or et une bordure d’azur chargée de huit flanchis d’or. Support : deux lions apposés.
 
Insigne des Voltigeurs de Québec
monument des Voltigeurs - place George V
Les Voltigeurs canadiens (1812-1815), commandés par le lieutenant-colonel Charles-Michel d’Irumberry de Salaberry, ont été constitués en tant qu’unité régulière temporaire de l’Armée britannique pour servir pendant la guerre de 1812 et avaient la réputation d’avoir repoussé à maintes reprises les forces américaines supérieures en nombre. Son fils, le lieutenant-colonel Charles René-Léonidas de Salaberry, fut le premier commandant du régiment des Voltigeurs de Québec lors de sa création en 1862. L’insigne a été adopté en 1892 en reconnaissance des services rendus par cette famille d'Irumberry à l’armée du Canada et au régiment. L’Ordre de Saint-Louis, institué en 1693 par le roi de France Louis XIV, était une distinction honorifique importante en Nouvelle-France.

L'insigne des Voltigeurs de Québec se blasonnement : Les armes de Salaberry entourées d’un anneau de sinople liséré d’argent et inscrit VOLTIGEURS DE QUÉBEC en lettres du même, le tout brochant en abîme sur la croix de l’Ordre de Saint-Louis d’argent, sommé de la couronne royale britannique et accompagné en pointe d’un listel d’argent inscrit de la devise en lettres de gueules : FORCE À SUPERBE MERCY À FOIBLE.
 

mardi 26 février 2013

Les armoiries du comte de Frontenac

Armoiries - comte de Frontenac
Assemblée nationale du Québec
Statue de Frontenac - Louis-Philippe Hébert
Assemblée nationale du Québec
Parmi les armoiries ornant la façade du Parlement de Québec, celles de Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau surmontent la statue de l'une des figures les plus turbulentes et des plus connues de l'histoire de la Nouvelle-France et même du Canada. Ne serait-ce qu'en raison de « son célèbre château » bien connu des touristes de Québec.

Le comte de Frontenac est né au château de Saint-Germain-en-Laye en France le 12 mai 1622, son grand-père et son père, Antoine de Buade de Frontenac et Henri de Buade de Frontenac, étant gouverneurs du vieux château de Saint-Germain-en-Laye et très proches de la famille royale. Louis de Buade est baptisé dans la chapelle le 30 juillet 1623, le roi Louis XIII, roi de France, devenant son prestigieux parrain, sa marraine étant Catherine Henriette de Bourbon (1596-1663), épouse du duc d'Elbeuf. Frontenac épouse, le 28 octobre 1648, en l'église Saint-Pierre-aux-Bœufs à Paris, Anne de la Grange-Trianon, une riche héritière et célèbre pour sa beauté physique et dont le portrait se trouve à Versailles. Le père d'Anne s'oppose violemment à ce mariage et quand il apprend que les noces ont quand même eu lieu, il déshérite sa fille. Le 7 mai 1651, à Clion-sur-Indre (Indre), Anne donne naissance à François-Louis, le seul enfant du couple Frontenac.

Médaille Kebeca liberata
Il sera gouverneur général de la Nouvelle-France de 1672 à 1682 et de 1689 à 1698. Au court de ses deux mandats, il développe la colonie et la défend contre les attaques anglaises, notamment lors du siège de Québec en 1690. C'est à cette occasion que Frontenac répondra à l'émissaire de l'amiral Phips par son célèbre : « Je n'ai point de réponse à lui faire que par la bouche de mes canons et à coups de fusils ». Cette victoire sera commémorée en 1695 par la médaille Kebeca liberata. 

Cartouche aux armes de Frontenac
Hôtel Fairemount Château Frontenac

Le comte de Frontenac meurt à Québec le 28 novembre 1698. Je vous invite à lire l'article du Dictionnaire biographique du Canada pour en savoir beaucoup plus sur le comte de Frontenac. http://www.biographi.ca/fr/bio/buade_louis_de_1F.html

Les armes de Frontenac se blasonnent : d’azur à trois pattes de griffon d’or.
 
Outre la façade du Parlement, elles ornent les murs de l'hôtel Château Frontenac, érigé en 1893, sur le site du château Saint-Louis où le comte de Frontenac séjourna durant ses deux mandats de gouverneur de la Nouvelle-France.

mardi 12 février 2013

Les armoiries de George III à l'Assemblée nationale du Québec.

Armoiries George III
Assemblée nationale du Québec
Les boiseries du Parlement de Québec participent à la volonté de son architecte de souligner les personnages et les faits marquants de notre histoire. C’est ainsi que de part et d’autre de l’arche ouvrant le hall des salles de l’Assemblée nationale et de l’ancien conseil législatif (abolie en 1968), nous trouvons les armoiries du roi George III et de William Pitt. Alors que le hall du rez-de-chaussée est consacré à la période française de notre histoire, Eugène-Étienne Taché inaugure la période britannique par les noms et les armoiries du souverain et du premier ministre en fonction lors de la conquête de 1760 et du traité qui confirmera la session de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne.

Le traité de Paris fut signé le 10 février 1763, après trois ans de négociations, par la France, la Grande-Bretagne et l'Espagne et met fin à la guerre de Sept Ans. Aux termes du traité, la Grande-Bretagne obtient de la France l'île Royale (île du Cap-Breton) et le Canada, y compris le bassin des Grands Lacs et la rive gauche du Mississippi. L'Espagne lui cède la Floride. La France conserve des droits de pêche à Terre-Neuve et dans le golfe du Saint-Laurent. Elle acquiert Saint-Pierre-et-Miquelon comme port de pêche non fortifié et recouvre ses lucratives possessions dans les Antilles, ses comptoirs en Inde et son poste de traite des esclaves sur l'île de Gorée (dans le Sénégal actuel). Conformément à la capitulation conditionnelle de 1760, la Grande-Bretagne garantit une liberté de religion limitée aux Canadiens. Le traité prévoit les modalités d'échange de prisonniers. Il accorde aux Canadiens un délai de 18 mois pour émigrer s'ils le désirent. Il assure également la conservation des archives gouvernementales. Au final, si la Grande-Bretagne acquiert un grand empire, la France conserve ses comptoirs et les colonies qui lui permettront de reconstituer sa flotte et douze ans plus-tard de soutenir l'indépendance des futures États Unis.

Nous retrouvons sur les boiseries de l’Assemblée nationale du Québec, sous le nom George III, les armoiries suivantes : écartelé, en 1 et 4 d'or au lion de gueules, au double trescheur fleuronné et contre-fleuronné du même, en 2 de gueules, aux trois léopards d'or et en 3 d'azur, à la harpe d'or, cordée d'argent; sur le tout tiercé en pairle renversé, 1, de gueules, à deux léopards d'or; 2, d'or, semé de cœurs de gueules, au lion d'azur, armé et lampassé du deuxième, brochant sur le tout; 3, de gueules, au cheval cabré d'argent, harnaché d'or et surmonté de la couronne royale de Hanovre; sur le tout de gueules à la couronne de Charlemagne d'or (qui est la dignité d'Archi trésorier du Saint-Empire).

Armoiries de George III
1760-1801
Il est à noter qu’au moment de la signature du traité de Paris, les armes des rois d'Angleterre étaient les suivantes : écartelé, en I parti : en 1 de gueules aux trois léopards d'or et en 2 d'or, au lion de gueules, au double trescheur fleuronné et contre-fleuronné du même; en II d'azur aux trois fleurs de lys d'or; en III d'azur, à la harpe d'or, cordée d'argent et IV tiercé en pairle renversé, 1, de gueules, à deux léopards d'or; 2, d'or, semé de cœurs de gueules, au lion d'azur, armé et lampassé du deuxième, brochant sur le tout; 3, de gueules, au cheval cabré d'argent, harnaché d'or; sur le tout de gueules à la couronne de Charlemagne d'or.

En fait, les armoiries de George III ont évolué au cours des cinquante-neuf années de son règne en fonction des titres et des prétentions du souverain. Ainsi, jusqu'en 1801, les prétentions au trône de France expliquent la présence des fleurs de lys. Puis, les héraldistes distinguèrent le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande de l'électorat, puis du royaume du Hanovre, en les superposant. C'est cette dernière version que Taché fait graver les armoiries dans la boiserie du Parlement québécois.

George III (4 juin 1738 — 29 janvier 1820) est le troisième souverain de la Maison de Hanovre à régner sur la Grande-Bretagne. Il fut roi de la Grande-Bretagne et roi d'Irlande (1760–1801), puis roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande (1801–1820). Il fut également électeur de Hanovre (1760–1814), puis roi de Hanovre (1814–1820). Sous son règne, la Grande-Bretagne conquière la Nouvelle-France, perd ses anciennes colonies en Amérique du Nord à la suite de la guerre d'Indépendance des États-Unis, et l'Irlande est unie au Royaume-Uni (1er janvier 1801).
Armoiries William Pitt
Assemblée nationale du Québec

À la fin de l'année 1810, à l'apogée de sa popularité, George III devint gravement malade, presque aveugle du fait de la cataracte et souffrait de rhumatismes. En 1811, George III accepta la loi de Régence et le prince de Galles resta prince-régent jusqu'au décès de son père. Malgré des signes de convalescence en mai 1811, le roi avait sombré dans une aliénation complète et permanente et il vécut isolé dans le château de Windsor jusqu'à sa mort, le 29 janvier 1820 au château de Windsor.

Sur le panneau faisant face à celui du roi George III, nous trouvons le nom de William Pitt associé avec les armoiries suivantes : de sable à la fasce échiquetée d'argent et d'azur de trois tires accompagné de trois besants d'or. Ici, le contexte nous permet d’affirmer que Taché a voulu souligner William Pitt l'Ancien (15 novembre 1708 – 11 mai 1778), 1er comte de Chatham, qui s'est rendu célèbre en tant que ministre de la Guerre de Grande-Bretagne pendant la guerre de Sept Ans. Et à ce titre l’un des principaux artisans de la conquête de la Nouvelle-France. Il mène ensuite la politique du pays au poste de Lord du Sceau Privé de 1766 à 1768. Il est ainsi surnommé pour le distinguer de son fils, William Pitt le Jeune, qui fut Premier ministre de 1783 à 1801 et de 1804 à sa mort en 1806.

samedi 2 février 2013

Les armoiries de l'escalier d'honneur de l'Assemblée nationale

La décoration des boiseries du Parlement de Québec offre l'occasion de souligner les personnages de l'histoire du Québec et même des représentants de la couronne britannique en fonction lors de la construction de l'édifice. Nous retrouvons les armoiries du 5e gouverneur général dans le portique de la tour Jacques-Cartier et sur la rampe de l'escalier d'honneur du palais législatif où elles sont associées à celles de son épouse.
Armoiries marquis de Lansdowne
Assemblée nationale du Québec
Le cinquième gouverneur général du Canada depuis la Confédération est Henry Charles Keith Petty-Fitzmaurice, 5e marquis de Lansdowne. Il occupa cette fonction de 1883 à 1888. Il est né le 14 janvier 1845 à Londres. Il est le fils aîné de Henry Petty-Fitzmaurice et d'Emily Jane Mercer Elphinstone de Flahault (une petite fille du prince de Talleyrand). Il fait des études à Eton et à Oxford, le marquis de Lansdowne succède au titre en 1866, alors qu'il n'a que 21 ans. Le marquis de Lansdowne est député libéral sous le gouvernement Gladstone, de 1869 à 1872. Il est nommé Sous-secrétaire des Indes en 1880 et, après quelques années d'expérience de l'administration coloniale outre-mer, il est nommé gouverneur général du Canada en 1883. À la fin de son mandat au Canada, en 1888, il est nommé vice-roi des Indes. Fonction qu'il occupera jusqu'en 1894. À son retour de l'Inde, Lansdowne accéda au cabinet britannique, où il fut secrétaire d'État à la Guerre de 1895 à 1900. Secrétaire aux Affaires étrangères de 1900 à 1905, il négocia l'alliance anglo-japonaise de 1902 et l'Entente cordiale avec la France en 1904. Il mourut le 3 juin 1927 d'une crise cardiaque chez sa fille à Clonmel (république d'Irlande) et fut inhumé à Bowood Park, son domaine près de Calne en Angleterre.

Le 8 novembe 1869, il épouse, à l'abbaye de Westminster, lady Maud Evelyn Hamilton, la onzième fille de James Hamilton, 1er duc d'Abercorn et de lady Louise Jane Russell. Son père fut à deux reprises Lord lieutenant d'Irlande (1866-1868 et 1874-1876). Ils eurent deux fils et deux filles. Lady Maud Evelyn Hamilton (17 décembre 1850 à 21 octobre 1932) fut dame de compagnie de la reine Alexandra de 1905 à 1909 et de 1910 à 1925. Elle sera Dame Grand Croix de l'Ordre de l'Empire britannique (GBE) en 1920. Lady Lansdowne a été décorée des Ordres Victoria et Albert et de l'Ordre impérial de la couronne des Indes.

Pour honorer le couple de Lansdowne, Eugène-Étienne Taché fait graver dans la rampe de l'escalier d'honneur les armoiries des marquis de Lansdowne et des ducs d'Abercorn.

Armoiries Lady Maud Hamilton
Assemblée nationale du Québec
Les premières se blasonnent : écartelé, au premier et au quatrième d'hermine à une bande d'azur chargée d'une aiguille magnétique pointant vers une étoile polaire, le tout d'or; au deuxième et au troisième d'argent au sautoir de gueules, au chef d'hermine. L'écu timbré d'une couronne de marquis. Cimiers : 1) une ruche environnée d'abeilles volantes, le tout au naturel, naissante d'une torque d'argent et d'azur; 2) Un Sagittaire au naturel, son buste d'argent, soutenu d'une torque d'argent et de gueules. Supports : Deux Pégases d'hermine, bridés, crinés, ailés et onglés, le tout d'or, chargés chacun sur l'épaule d'une fleur de lys d'or. Devise : Virtute non verbis.
 
Les secondes, celle de lady Hamilton, Taché fait gravé les armoiries de son père le 1er duc d'Abercorn  : écartelé : au premier et au quatrième de gueules à trois quintefeuilles d'hermine (Hamilton), au deuxième et au troisième d'argent au navire à la voile carguée de sable, à trois pennons de gueules (anciens comtes d'Arran, Écosse), brochant sur-le-tout d'azur à trois fleurs de lys d'or (duché de Châtellerault) ledit surtout timbré d'une couronne à cinq fleurons. Cimier : un chêne le fût traversé d'une scie le tout au naturel. Supports : deux antilopes accornées enchaînées et onglées d'or, colletées d'une couronne du même. Devise : Sola Nobilitas Virtus.

Il est intéressant de savoir que le duché de Châtellerault fut cédé en 1549, par le roi Henri II de France au comte écossais James Hamilton. Celui-ci le confia à son fils, le comte d'Arran, qui y favorise le protestantisme.